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Apprendre une langue tout seul en ligne : un bonheur sans nuages ?***

Par Martine Dubreucq , le 18 mai 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 13 janvier 2009

Pour Alex Boulton, Maître de Conférences en anglais à l’Université de Nancy 2, il est clair que contrairement aux espoirs que les recherches des années 80 avaient suscités, l’usage des technologies n’augmente pas forcément la motivation.

Dans cet article de février 2008 de la revue Call, Learning to learn languages with ICT – but how?, il rappelle que si une grande majorité d’universités en France offrent des cours en ligne, le pourcentage de "vrais" cours à distance est très faible, que l’usage des TICE n’a pas fait beaucoup évolué les pratiques des enseignants (ni la façon d’étudier des étudiants d’ailleurs) et que les étudiants ne demandent pas spontanément des cours à distance.

Le propos est passablement provocateur pour ce chercheur du CRAPEL (Centre de Recherche et d’Applications Pédagogiques en Langues), département pionnier dans le domaine de l’apprentissage autodirigé et l’un des grands promoteurs du concept d’autonomie.

L’étude qu’il a réalisée avec Chateau Anne, Radia Azzam-Hannachi, et Myriam Pereiro pour comprendre pourquoi les nouvelles technologies sont loin d’être la panacée analyse les effets et les perceptions d’une formation mixte en anglais sur trois populations différentes d’étudiants :

  • Des étudiants d’un master en psychologie à distance en France ou à l’étranger
  • Des étudiants d’ ERUDI, le service de formation continue à distance de l’Université de Nancy
  • Des professeurs stagiaires à l’IUFM de Lorraine

On retrouve les raisons souvent évoquées dans les difficultés avec les expériences d’auto-apprentissage : le manque de compétences techniques (cette fameuse peur de la machine qui perdure au grand étonnement des concepteurs des modules d’apprentissage en ligne), le sentiment d’isolement lié au besoin de contact humain, et surtout les problèmes d’organisation dans le travail (un grand nombre d’apprenants étudient encore la langue presque exclusivement à partir d’exercices de grammaire et de vocabulaire).

La clé est bien entendu dans l’ « apprendre à apprendre » : comment inciter les apprenants à passer du temps à réfléchir à leurs stratégies d’apprentissage en exploitant leur propre curiosité égocentrique, c’est une voie qui semble difficile mais toujours aussi prometteuse et qui devra mêler un accompagnement dans la voie de l’autonomie sur les deux versants indissociables de la maîtrise des outils en ligne et de la langue.

Learning to learn languages with ICT – but how?

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