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Ce qui échappe à la cartographie : le tag «Poésie»

Une source de réjouissance pour un esprit curieux.

Par Martine Dubreucq , le 27 janvier 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 24 février 2015

Tout dire, tout écrire et tout montrer d'un lieu ?

En octobre 1974, l'écrivain Georges Perec s'est installé pendant trois jours place Saint-Sulpice à Paris. Il a noté ce qu'il voyait dans un petit recueil de 50 pages, Tentative d'épuisement d'un lieu parisien : les évènements ordinaires de la rue, les gens, les voitures , les animaux, les nuages et le passage du temps.

Évidemment, on ne rend jamais totalement compte d'un lieu, et ce qui échappe est justement ce qui importe.

La volonté de maîtrise et de compréhension complètes du réel par l'écriture est aussi vaine que celle que mènent aujourd'hui les technologies les plus sophistiquées pour modéliser et contrôler la vie et les intentionnalités humaines.

Philippe De Jonckheere a repris sur son site Désordre.net ce texte magnifique et en a testé les limites avec une écriture mêlant les références littéraires, les images, les vidéos, les liens vers de nombreux sites internet, dans une entreprise totale d'hypermédia.

Ce que l'on découvre en suivant ces pistes multiples qui déplient le texte est proprement inépuisable, infini. L'inventaire des lieux en perpétuelle mutation est impossible et c'est une source de réjouissance pour un esprit curieux.
Tentative d'épuisement de « Tentative d'épuisement »

Les non-lieux

Si l'univers de la ville et de ses mutations se révèle assez fascinant, celui des zones vides, des terrains vagues ne l'est pas moins. Le romancier Philippe Vasset a exploré pendant plus d'un an les lieux que les légendes des cartes ne peuvent nommer et s'est posé la question de savoir ce que cachaient les «  zones blanches » de Paris et de sa banlieue. Géographe parallèle, équipé d’un carnet et d’un appareil photo, il est parti à la découverte de non- lieux improbables, cachés près des périphériques, terrains vagues, entrepôts, campements. Il décrit avec la sobriété d'un ethnographe la configuration de ces lieux dans un roman « Un livre blanc » et nous fait découvrir l'envers des cartes : les lieux de rencontre clandestins, les cabanes des SDF, les endroits de désolation urbaine. Le site, réalisé depuis la carte GPS des lieux du livre, propose des images fixes et vidéos, ainsi que des textes rédigés sur les lieux mêmes.

Un site blanc

Le site a fait l'objet d'une émission radio intitulée Un bruit blanc, sur France Culture le 08/02/09 : L'atelier de création radiophonique.

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