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Cameroun : vers la création d’une université virtuelle***

Par Louis-Martin Essono , le 11 juin 2007 | Dernière mise à jour de l'article le 05 novembre 2008

La fin de la période des examens scolaires, en l’occurrence le baccalauréat, constitue presque toujours un os pour les autorités universitaires. Chaque année, elles imaginent des stratégies d’accueil pour les milliers de nouveaux étudiants devant s’inscrire dans les institutions d’enseignement supérieur. Au Cameroun, et prenant des leçons des années précédentes, les centaines de milliers de candidats qui attendent leurs résultats à la fin du mois ou à la mi-juillet, pensent pouvoir se déverser dans les six universités dont les infrastructures se révèlent toujurs plus étroites.

Actuellement, le ratio étudiant/enseignant est désespérant et le suivi des apprenants s’avère des plus difficile. Il y quelques années, le ministère des enseignements secondaires demandait le recrutement de 50.000 professeurs. Cette lacune n’a pas encoré été comblée. Le grossissement exponentiel des effectifs à l’université induit des amphis surchargés.

Au point que, récemment, après la promotion des enseigants d’université, le Gouvernement a décidé, pour ses six universités, de recruter sur une période de trois ans, 600 assistants et 400 attachés d’enseignement et de recherche (ATER).

Outre ce recrutement massif qui a déjà été boudé voici quelques années par la diaspora, le Gouvernement compte introduire et généraliser - comme dans l’ensemble de la Cemac, la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale - le système LMD dans les universités d’Etat dès la rentrée 2007-2008, la création annoncée de la zone franche universitaire pour la formation des technologues de haut niveau.

Suite aux propositions de l’Unesco ou de la Banque Mondiale et des bailleurs internationaux, la formation à distance avait été suggérée pour faire face à ce flux d’étudiants. De plus, les campus numériques de l’Auf, de l’Uva, de Cisco parviennent à absorber une infime partie de la demande nationale de formation de haut niveau.

C’est pourquoi, lors de cette décision forte, le Cameroun s’engage, avec l’appui du Gouvernement indien qui opère déjà ailleurs en Afrique, notamment à Maurice et en Afrique de l’Est et du Sud, à créer une université virtuelle nationale simultanément avec une université virtuelle sous-régionale.

La mesure enchante le grand public, mais pose des problèmes aux enseignants dont les conditons de travail demeurent précaires.

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