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Internet haute vitesse et l'accès à l'éducation en région éloignée. Argument oublié

Par Sonia Pelletier , le 21 novembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 25 novembre 2008

Depuis 2007 au Québec, les politiciens semblent intensifier leurs efforts pour rendre accessible la haute vitesse en région. En effet, cette dernière est devenue un outil incontournable pour faire des affaires aujourd'hui. Qu'en est-il de l'accès à la formation à distance? Maintenant sur le Web, il est possible de trouver toutes sortes de produits de formation, des cours, des télé-écoles, portails éducatifs, encyclopédies... qui ne sont pas accessibles à tous.

Récapitulatif : quelques nouvelles publiées au Québec en 2007-2008

En juillet 2008, le cabinet d'analyse américain Gartner publiait une étude selon laquelle le Canada figurait parmi les pays les plus branchés. Sur une liste du taux de pénétration par pays d'Internet à haut débit en 2007, les Canadiens paraissent cinquièmes avec 65 %, les plus branchés étant les Coréens avec 93 %. Malgré la bonne performance du Canada, il reste encore beaucoup de travail à faire puisque 35 % des foyers n'ont toujours pas la haute vitesse.

Des maires des régions pressent le gouvernement québécois d'agir. Entre autres, le maire de la municipalité d'Elgin dans le Haut-Saint-Laurent lance en avril dernier une campagne de sensibilisation dont le but est de faire comprendre aux dirigeants politiques que l'accès à Internet haute vitesse est un service essentiel et qu'il joue un rôle important en matière de développement économique et social.

En novembre 2007, Nouvelle en Gaspésie choisit de ne pas attendre qu'une décision soit prise de la part de Québec et fait un pied de nez au gouvernement. Après avoir fait faire une étude de faisabilité, le maire Luc Leblanc prévoit offrir à compter de 2008 Internet haute vitesse à l'ensemble de ses citoyens.

En mars de cette année, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme -Forget déposait son budget pour 2008-2009. L'administration Charest annonçait alors la venue d'un nouveau programme : Communautés rurales branchées   qui prenait le relais de Villages branchés du Québec    maintenant à terme. Québec débloquait un peu plus de 20 millions $ pour déployer Internet haute vitesse sur tout le territoire d'ici cinq ans, ce qui est environ trois fois moins que pour le programme précédent.

Des inégalités qui ont un impact sur l'accès à l'éducation

En considérant les avantages de la formation à distance, il est permis de croire que les résidents des régions éloignées seraient ceux qui gagneraient le plus à choisir cette façon d'étudier. Ce type de formation permet d'éliminer la distance entre l'institution scolaire et l'étudiant, réduisant les coûts reliés au déplacement. De plus, bon nombre de produits de formation sont disponibles sur le Web, ce qui évite les allers-retours à la bibliothèque qui, en occurence, est loin, inexistante ou pauvre en ouvrages spécialisés.

Le taux de diplomation n'est pas nécessairement plus bas en région selon L'Institut de la statistique du Québec. Par contre, certaines régions très éloignées comme le Nord du Québec, la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine performent moins.

Le taux d'obtention d'un premier diplôme secondaire y est plus faible. Par exemple, en 2000-2001, ce taux est de 41,7 % dans le Nord du Québec par rapport à 71,7 % pour l'ensemble des jeunes Québécois (Les jeunes du Nord du Québec en chiffres).

Outre la distance, l'argent est un autre obstacle à l'éducation pour les habitants des régions éloignées. Bien que le revenu disponible par habitant se compare à celui de l'ensemble des Québécois, le coût de la vie élevé dans le Nord crée un écart. La pauvreté y est plus présente. Les ménages du Nord du Québec ont donc moins accès à de l'équipement informatique.

Conclusion

Dans la mer de communiqués et de nouvelles concernant la haute vitesse, aucun ne fait mention de l'impact du manque d'accès à Internet sur l'éducation, la formation à distance.

À ma connaissance, seul le maire d'Elgin parle de développement social. Bref, l'accès à la fomration à distance par le biais d'Internet haute vitesse n'est pas un sujet qui a défrayé la manchette ces dernières années au Québec. Pourtant, la formation à distance, l'accès à l'éducation participent au développement social et économique des régions.

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