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De la rue à la réflexion sociale : le parcours intéressant d'une publication montréalaise

Par Sonia Pelletier , le 02 janvier 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 04 février 2009

La culture jeune en revues

Dans les années 1990, à Montréal, une série d'initiatives émergent de la communauté pour oeuvrer dans les milieux de l'édition et de la culture populaire. Il s'agit du Journal de la Rue, de Reflet de société, du Café Graffiti et des Éditions TNT, tous réunis dans leurs versions électroniques sur un même site Web. Ils ont pour but commun de reconnaître le jeune comme personne à part entière, ce qui signifie aussi l'accueillir dans sa culture, avec ses problèmes, ses sentiments, voire ses aspirations et ses talents.

Le tout débute avec Le Journal de la Rue en 1992. La publication a d'abord pour mission de fournir de l'information sur des sujets occultés par les médias traditionnels : prostitution, toxicomanie, violence, etc. On y publie entre autres des témoignages et des ressources utiles pour les bénéficiaires, les intervenants et le public. Rapidement, Le Journal de la Rue   élargit ses activités et se rend disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 auprès des jeunes avec deux travailleurs de rue. En plus d'oeuvrer dans l'édition , l'organisme communautaire offre maintenant un service d'intervention.

En 1994, les Éditions TNT se greffent au  Journal de la Rue. Elles voient le jour d'abord pour éditer les livres du directeur de la maison, Raymond Viger, mais publient ensuite les oeuvres de jeunes créateurs afin de leur permettre de s'exprimer librement. Le catalogue comprend des CD de musique hip-hop, des graffitis sur toile, des vidéos et des produits dérivés.

En 1997, l'aventure se poursuit avec le Café Graffiti, un espace gratuit dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal où se rencontrent les graffiteurs, les breakers et les rappeurs. Pour leur donner l'occasion de s'accomplir, le Café Graffiti fait office de gérant d'artiste, ce qui permet au créateurs d'être rémunérés pour un temps. Parmi ceux qui sont passé par le Café, certains sont retournés sur les bancs d'école, d'autres ont créé leur petite entreprise ou sont devenus artistes professionnels.

Un succès au-delà de la ville de Montréal

En 2000, la demande des organismes et des gens en région est si importante pour obtenir Le Journal de la Rue que l'on crée un magazine qui prendra le nom de Reflet de société dès 2004 pour mieux le distribuer à travers tout le Québec. Initialement imprimé à 5 000 exemplaires en noir et blanc et comptant 24 pages, la publication constitue aujourd'hui une référence pour les écoles, le communautaire et les autres lieux prenant en considération les enjeux de société. 

Du Journal de la Rue au magazine Reflet de société, il est intéressant de découvrir le parcours de l'organisme. Du recueil de textes d'information et de sensibilisation qu'était le Journal de la Rue, il est devenu l'énorme entité que les jeunes marginaux et autres "alters" montréalais connaissent aujourd'hui par le biais du Café Graffiti et des Éditions TNT. Quant à Reflet de société, il comptait en 2007 491 000 lecteurs québécois.  Véritable "laboratoire d'étude en travail social, criminologie et histoire de l'art", la publication est consultée par des universités à travers le monde.

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