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Cameroun : création de deux universités virtuelles en janvier 2009

Par Thot , le 29 novembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 03 décembre 2008

En 2003, Thot a présenté la situation critique que connaissaient déjà les universités camerounaises quand elles abritaient 30.000 étudiants. Cinq années plus tard, ce chiffre a été multiplié par 7 et les problèmes posés alors demeurent les mêmes, quand ils ne se sont pas aggravés. Le fort taux de réussite aux Baccalauréats généraux (A, B, C, D, etc.) et la création annuelle des lycées d'Enseignement Général peuvent expliquer l'affluence, chaque année, aux portes de l'Université dont l'accès est subordonné à l'obtention du Bac.

Aujourd'hui, la surpopulation dans les sept universités d'Etat est criante. L'Université de Yaoundé 1, à elle seule, compte plus de 30.000 étudiants. Les amphis et les salles de cours, bien que construits régulièrement, se révèlent largement en-deçà des besoins d'accueil, au point que les cours se déroulent le samedi et même le dimanche.

L'Etat camerounais, dès l'année universitaire 2007, a négocié un troisième virage historique de son Université, après sa naissance en 1961 et une reconfiguration structurelle majeure amorcée en 1993. Un accent particulier a été porté sur trois axes,  dont celui de la Nouvelle Gouvernance académique. Cet axe vise en effet la modernisation et la refondation de l'enseignement supérieur grâce à l'arrimage, depuis la rentrée 2007/2008, au système LMD, en accord avec toutes les universités de la Cemac, la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale.

Un partenariat Sud-Sud pour la création d'universités virtuelles

Au cours de l’année 2007, un protocole d’accord entre l’Inde et le Cameroun a été signé, qui prévoit la création de deux universités virtuelles au Cameroun. Il s'agit, pour la première, de l’Université virtuelle d’Afrique centrale et pour la seconde, de l’Université virtuelle du Cameroun.

Ces importants projets permettront d’apporter des pistes de solution à l’épineux problème de l’accès des Camerounais à l’enseignement  supérieur, dans un contexte de forte pression démographique. La programmation de la mise en œuvre de ce projet prévoit un financement de 15 millions de dollars américains (environ  7,5 milliards de  F CFA). Ce financement est négocié avec l'Inde et l'Union africaine.

La dernière réunion entre ces partenaires s'est déroulée fin novembre à l'Université de Yaoundé 1 qui abritera, dès janvier prochain et selon un communiqué du Ministre camerounais de  l'Enseignement supérieur, ces deux universités. Cette décision définitive, qui n'exclut pas le projet interuniversitaire de formation à distance, met en place la première institution du genre, qui vient s'ajouter aux six universités d'Etat déjà existantes. En résolvant le problème des effectifs pléthoriques, l'université virtuelle va également renforcer le processus de professionnalisation des apprenants.

L'accès à ces nouvelles universités virtuelles obéira probablement aux mêmes conditions que celles qui sont exigées dans les autres universités, même si le texte précisant ces conditions n'est pas encore paru. Les étudiants des instituts technologiques, premiers bénéficiaires de ces structures, sont sans doute assurés de disposer des infrastructures techniques nécessaires (TIC, ordinateurs, vidéoconférences, e-learning, etc.).

On annonce que ces universités virtuelles seront progressivement ouvertes aux travailleurs et aux titulaires du Baccalauréat. Les missions des enseignants à travers les établissements d'enseignement supérieur "classiques" pourront aussi diminuer.

L'Inde avait déjà fourni aux universités camerounaises des cartes biométriques. Sa technicité est maintenant à nos portes au titre de la coopération éducative sud-sud.

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