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Innovez, c'est un ordre !

Par Martine Dubreucq , le 06 janvier 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 07 janvier 2009

En matière d'enseignement ou d'apprentissage, les institutions et les entreprises ne jurent plus que par les initiatives innovantes, du moins dans les discours et tous les sites pédagogiques animés par des « techno-évangélistes » convaincus mettent en avant les bonnes pratiques censées inciter les enseignants à se lancer dans l'aventure du changement de paradigme, à passer du magistral au collaboratif, du discours linéaire au multimédia foisonnant, de la leçon au projet.


En France, le référentiel des dix compétences du professeur publié dans le Bulletin Officiel du Ministère de l'Education Nationale du 28-12-2006 n'oublie pas une compétence associée à la capacité à se former : innover.

Voilà qu'innover est devenu une injonction aussi difficile à appliquer que celle d'être naturel et spontané à la demande.

L'expérience quotidienne des enseignants, du moins en France reste fort éloignée de ces pratiques exemplaires et il semble qu'il en soit de même dans un grand nombre de pays, excepté la Corée, la Norvège, la Finlande, dans une moindre mesure l'Espagne ou les USA.

L'innovation n'est pas affaire de bulletin officiel et de préconisation institutionnelle mais de liberté pédagogique et comme le dit Bruno Devauchelle dans un article de son blog " Veille et Analyse TICE "

On a besoin d’expériences, pas d’innovations ou de bonnes pratiques


Respecter la liberté pédagogique c'est défendre le droit à l’expérience qui est aussi « le droit à l’erreur, à l’hésitation ». Chacun a besoin de tester de nouvelles pratiques, non pas de reproduire ce que l'on lui désigne comme des exemples innovants. Or il existe peu d'espace où mesurer ses limites, où se confronter aux incertitudes dans le monde du travail contrairement à celui de la formation. La méthode de "l'essai erreur" si chère à la nouvelle génération d' apprenants devrait aussi être tolérée et même favorisée chez les enseignants.

Tout ce que l'on présente aujourd'hui comme des innovations incontournables : le tableau blanc interactif, les cahiers de textes électroniques, les blogs, les podcasts ne sont véritablement pertinents que s'ils correspondent à des besoins ressentis, éprouvés et à des façons de concevoir son métier.

Ces façons de concevoir le rôle de l'enseignant évoluent mais beaucoup plus lentement que ne le laissent croire les sociétés commerciales qui promeuvent le Web 2.0. et aucune démonstration alléchante d'outils révolutionnaires ne viendra accélérer un processus qui a davantage besoin de la confiance des professeurs et de la bienveillance des instances qui les évaluent.

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