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La formation à distance pour les institutions d’enseignement dans le plan national pandémie. Le CNED oublié.

Par Denys Lamontagne , le 29 juillet 2009

Lors d’une pandémie, les jeunes sont triplement stratégiques :

  1. ils sont plus facilement atteints et meurent plus souvent;
  2. ils sont des vecteurs de contamination importants puisque ayant moins d’anticorps que les adultes;
  3. ils sont concentrés en des lieux publics (les institutions d’enseignement) durant de longues périodes, ce qui favorise la propagation de l’infection.

Ainsi, réduire les regroupements de gens dans les lieux publics est l’une des actions initiales les plus efficaces pour freiner la propagation d’un virus et donner le temps de préparer les moyens de traitement et de lutte.

Le site «Plan de prévention et de lutte» du Ministère de l’éducation nationale de France (Bulletin officiel spécial n° 8 du 18 décembre 2008) détaille diverses mesures que les institutions d’enseignement doivent prendre afin de se préparer à répondre aux consignes du ministère de la santé tout en continuant d’assurer leur rôle d’enseignement.

On y apprend que la formation à distance est la principale méthode retenue pour assurer «la continuité pédagogique». 

On définit la continuité pédagogique comme étant.«en cas de fermeture des écoles, des collèges et des lycées, ce qui vise à maintenir un lien pédagogique entre les enseignants et les élèves, à entretenir les connaissances déjà acquises par les élèves tout en en permettant l'acquisition de nouvelles et à maintenir et développer le goût et l'envie des études et du savoir.»   Bel objectif.

Quelle formation à distance ?

En réponse à cette responsabilité, le dispositif retenu au niveau national sera :

«la diffusion d'émissions radiophoniques et télévisuelles de nature pédagogique via France Culture et France 5. On aura ainsi constitué une réserve de 264 heures d'émissions télévisuelles et 288 heures d'émissions radiophoniques.

Ce dispositif sera complété au niveau local en prenant appui sur les systèmes et réseaux existants (courrier postal, téléphonie, messagerie électronique, espaces numériques de travail, etc.), de façon à favoriser le maintien d'échanges entre les enseignants et leurs élèves et en s'efforçant d'atteindre directement ou indirectement l'ensemble des élèves.

L'objectif est de permettre aux étudiants de réaliser des travaux personnels sous le contrôle des enseignants, en ayant recours aux différentes modalités d'enseignement à distance.

Dans ce cadre, les établissements doivent notamment veiller à assurer la continuité de la mise à disposition des étudiants des ressources pédagogiques disponibles et à faciliter l'accès aux services et ressources des universités numériques grâce aux E.N.T. (espaces numériques de travail), au système APOGEE, à canal U, etc. Enfin les administrations sont invitées à expérimenter le télétravail et à simuler la crise pour mieux s'y préparer»

Un essai, un essai !

Justement, on se demande si un quelconque essai a été réalisé quelque part à une échelle réaliste.  268 heures d’émissions télédiffusées pour répondre aux besoins de tout le monde, du primaire à l’université, pendant des jours et à n’importe quel endroit du programme scolaire, cette réponse est au minimum insuffisante et paraît foncièrement ridicule.  Les pandémies n’arrivent pas toutes en septembre !

Quelle valeur pédagogique une telle initiative peut avoir ? Pratiquement nulle. Cela ressemble à une proposition de fonctionnaires qui n’ont aucune idée du potentiel et des usages actuels d’internet pratiqués par la population étudiante.

Et surtout comment expliquer l’absence du principal fournisseur national de formation à distance (le Cned) dans ce plan ? 

Assurément ses serveurs seront submergés dès les premiers jours car il est le seul, via Académie en ligne, à proposer les ressources pour tous les niveaux et à tout endroit du programme. On ne peut pas s'attendre à ce que opérateurs privés tels Cours Hattemer ou Cours Legendre soient en mesure de prendre le relais à cet ordre de grandeur.

Tout comme son personnel de soutien sera également submergé, seulement pour fournir l’encadrement à tous les professeurs qui se retrouveront dans le rôle de tuteur à distance pour leurs élèves.

Si un organisme a besoin de support, ce n’est pas un télédiffuseur, mais bien l’institution nationale compétente dans le domaine de la formation à distance.

L’idée sera de la rendre capable de distribuer et de supporter ce plan et ses participants à une échelle nationale. Il gère actuellement 300 000 étudiants par année; il s’agit d'augmenter et d'organiser sa capacité pour en supporter quelques millions pour quelques semaines, assurer la coordination locale et la réponse aux besoins locaux, à quelques jours d'avis.

«Plan de prévention et de lutte»

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