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Apprendre localement, coordonner régionalement, accompagner partout : les antennes des universités en région

Par Denys Lamontagne , le 22 juin 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 23 juin 2009

25 % d'adeptes de la FAD ?

En compilant diverses statistiques, on arrive autour de 25 % d’une population dans son ensemble qui, dans sa vie, complétera un cours à distance par elle-même, et ce chiffre ne change pas beaucoup d’un pays à l’autre. À 25 %, on ne peut pas parler d’une solution politiquement présentable.

Comment parvenons-nous à cette proportion ? Voyez plutôt :

Parmi les populations de nos pays développés, on compte en moyenne 15 % de personnes n'ayant pas accès à l'écrit (analphabètes, illettrés...), et de 35 à 40 % de gens pour qui l’étude, la lecture et le travail intellectuel en général représentent une corvée pénible. On ne les verra jamais prendre un cours à distance.  Parmi la petite moité d'individus restants, 20 % se frotteront sans doute à la FAD mais abandonneront ou échoueront. Ils nous reste donc, potentiellement, 25 % de la population totale susceptible de compléter un cours à distance avec succès.

Additionnez tous les inscrits des cours à distance en France (CNED, CNAM, universités et institutions privées) et vous parviendrez à 500 ou 600 000 inscrits par an; ce qui, sur 40 ans, nous donne 20 à 24 millions d’inscrits.

Considérez que 800 000 enfants naissent en France chaque année et que sur 40 ans (à un âge compris entre 16 et 56 ans, la période où on retrouve l’essentiel des inscrits en FAD) ce seront 32 millions de nouveaux candidats qui transiteront, en plus des immigrants et du bassin permanent de 40 à 50 millions.  On arrive à un chiffre autour de 25 % qui auront essayé la FAD.

Nous avons fait le même genre d’exercice pour le Québec et l’Espagne, avec toujours le même résultat.

La formation à distance pour tous, en région. Oui, mais pas tout seul.

En région, la formation à distance représente souvent la seule option envisageable pour tous ceux qui souhaitent compléter leur formation, à condition qu'un dispositif spécifique ait été mis en place. Car si ce n'est la FAD, ce sera l'exil. Pour que la formation à distance soit réellement une solution, pour la rendre accessible à un plus grand nombre, on devra s’occuper de ceux pour qui ce ne sera jamais spontanément la première option. Les responsables politiques et du domaine de l'éducation commencent à y songer.

Les universités ouvrent de plus en plus d’antennes à l'extérieur des grands centres urbains. Récemment nous lisions que l'Université de Bordeaux ouvrait un campus à Bergerac, à une centaine de kilomètres à l’est de Bordeaux, où évidemment la vidéoconférence sera mise à contribution et également la formation à distance.

Une région ne peut penser égaler ou retenir l’expertise équivalente à celle qui est regroupée autour des grandes universités, mais elle peut la rendre disponible localement grâce à un environnement dans lequel elle pourra se déployer de manière adéquate.

De tels campus sont éminemment souhaitables dans les territoires, mais pourquoi les limiter à l’université ? Les secteurs professionnels et même l'enseignement secondaire pourraient en profiter tout autant.  Quand il s’agit d’animer ou de réanimer un pôle régional, la formation à distance assistée peut jouer un rôle significatif, pour peu qu’elle soit connue d’une clientèle qui ne se sent pas capable de l’affronter seule.

Un pôle d'enseignement supérieur et de formation a été lancé Bergerac avec l'université de Bordeaux

L’implantation d’environnements d’étude pour la formation à distance

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