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PanAf-Édu : un numéro spécial sur l’intégration des Tice en Afrique

Par Louis-Martin Essono , le 14 février 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 novembre 2011

Tous les pays de l’Afrique semblent avoir compris le très grand retard dû à la négligence des technologies éducatives. La conscience est maintenant prise que les pays qui ont connu un net développement ont priorisé l’éducation dans les moindres détails. De même, l’on a compris que les TIC contribuent efficacement au développement économique, social et culturel.

L’Agenda panafricain, déjà présenté par Thot, vient de publier le deuxième numéro de son bulletin de liaison. Selon Kathryn Touré, la Coordinatrice régionale du Rocare, ce numéro présente «les institutions universitaires où sont basés les chercheurs du projet PanAf, de l’Université de Dakar au Sénégal, à l’Université de Makerere à Kampala en Ouganda».

La problématique de l’adoption et de l’intégration des Tice et leur succès relèvent probablement des politiques nationales et de la volonté de prioriser les objectifs pédagogiques. En effet, en référence à la Zambie, au Costa Rica ou à la Namibie où cette intégration s’affirme de plus en plus, K. Touré estime que «pour mesurer l’ampleur de leur succès, il convient de s’intéresser à l’élaboration de projets fondés sur l’apprentissage et les programmes qui contribuent à développer les capacités de réflexion ». Aussi, «la technologie ne permettra pas de réduire la fracture entre les privilégiés et les démunis, entre citadins et ruraux, entre hommes et femmes. C’est les décisions et actions sociales qui feront la différence»

Dans ce numéro bilingue, riche, téléchargeable et dense, consacré aux TIC, les chercheurs du Mali, du Congo (Brazza), de l’Égypte, du Kenya, et du Cameroun, partagent les premiers résultats sur l’intégration pédagogique des TIC. Pour le cas malien, Mme Djénéba Traoré signale que l’intégration des Tic a sensiblement bouleversé les façons d’enseigner car, révèle-t-elle, pour 36% des enseignants, l’informatique a «beaucoup» changé la façon d’apprendre des élèves, pour 19,9% « moyennement», pour 14,7% «peu» et pour 20,6% «pas du tout». Pour le Cameroun, L.M. Onguene Essono note que malgré l’accroissement des écoles connectées, il est urgent maintenant, avant l’introduction obligatoire et généralisée de ces nouveaux moyens pédagogiques, que les enseignants et les élèves soient initiés aux usages pédagogiques des TIC.

Quant au Congo Brazza, S. Mawete pense que l’ENS de Brazzaville, à travers l’intégration pédagogique des TIC, doit préparer les esprits à produire du savoir, à mobiliser leur potentiel, à aider les individus dans un monde évolutif et incertain à construire leur identité sociale et professionnelle.

H. Kidombo et C. Gakuu, du Kenya, observent que dans l’analyse de l’infrastructure des TIC, les institutions de niveau supérieur ont le plus faible ratio d’ordinateurs pour les élèves alors que le nombre d’ordinateurs est important. Les chiffres dans les écoles primaires publiques affichent des ratios encore plus bas de 1:37 et 1:69 avec une moyenne de 25 ordinateurs. Ces écoles ne disposent pas de connexion à Internet et les ordinateurs sont utilisés pour enseigner les compétences de base en informatique.

Mamya Esaïd d’Egypte dresse le bilan de la mise en oeuvre en faveur des TICE pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Vingt cinq projets aux sommes faramineuses sont conduits pour la réalisation et la réussite du développement par les TIC dans l’éducation. La création des centres de formation et des établissements technologiques accompagne ces actions. Une importante intervention du Pr Maiga du Mali explique le rôle des chercheurs et des TICE dans son pays et les difficultés qui peuvent s’ériger lors de cette entreprise.

L’intégration des Tic est donc susceptible de renforcer efficacement l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Beaucoup de pays s’y engouffrent dans l’impréparation et dans la méconnaissance des logiques qui sous-tendent cette intégration.

Panaf Edu essaie de donner quelques éléments de réponse et des indications rationalisées qui peuvent se partager, se comparer et se mutualiser dans l’observatoire du Panaf.

De très nombreux projets existent, sans doute, qui visent des objectifs identiques. Peut-être est-il temps de faire route ensemble pour amener l’Afrique, conduite pas les Africains eux-mêmes, à percevoir l’urgence de cette opération pour préparer l’avenir des générations futures.

PanAf Edu, numéro 2 (pdf)

PanAf Edu, numéro 1 (pdf)

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