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Le plus grand ennemi de l’éducation à vie et de la formation à distance : l’obligation d’apprendre -

Par Denys Lamontagne , le 11 octobre 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le potentiel de la formation à distance est immense. Ajoutez-y le levier des télécommunications et d’Internet et vous aurez une puissance quasi irrésistible.

Mais il y a aussi des facteurs négatifs avec lesquels il faut compter dans l’environnement, des facteurs vieux comme des traditions, encombrants comme la peur.

Le portrait est celui-ci : la plupart des institutions de formation à distance se considèrent comme des compléments au système éducatif régulier. Comme le système éducatif régulier est obligatoire, qui alors se soucie des réels besoin des étudiants? Les systèmes éducatifs mondiaux sont basés sur l’obligation, l’essentiel des cours offerts à distance le sont dans le but de satisfaire des considérations de diplômes. Dans ce contexte, les soucis de mise en marché sont dérisoires. La rentabilité comptable, les taux de diplômation sont les barèmes de mesure.

Essayer de faire acheter spontanément un col Mao à un Chinois ou un cours à distance à un gradué du niveau secondaire relèvent tous deux de l’exploit! Comment une chose que l’on se sent la nécessité d’imposer peut-elle être bonne?

On entre ici dans le monde subjectif, celui des affinités, des émotions et des perceptions.

Les arguments et la craintes des détracteurs de la formation à distance font la plupart du temps référence à la possibilité de tricher, de copier dans les livres, de faire faire le travail par quelqu’un d’autre, à la nécessité de s’assurer que le signataire des devoirs et examens est bien le même que celui à qui l’on décernera le diplôme, etc. Toutes ces considérations sont liées à l’obligation d’apprendre.

Quel intérêt une personne qui désire apprendre aurait-elle à faire faire ses devoirs ou à tricher?

Ainsi, les formations commerciales à succès en formation à distance, en dehors des chasses gardées universitaires ou des cours complémentaires à l’éducation officielle, sont TOUTES des formations habilitantes, professionnelles qui mènent à des compétences pratiques et professionnelles : informatique, langues, électronique, bureautique, horticulture , nommez-les, il y en a des dizaines.

Il ne viendrait pas à l’idée d’une entreprise d’offrir un cours «obligatoire» : ce ne serait pas «vendable». L’idée n’est pas de commercialiser l’éducation, l’idée, c’est de rendre l’éducation aussi attrayante qu’une soirée au théatre en terme d’activité ou que l’achat d’un outil en terme de produit.

Et pour inciter à l’action, la première condition? Qu’il y ait désir et non «obligation».

Voici la formule de base en promotion :

  1. Attirer l’attention
  2. Susciter l’intérêt
  3. Inspirer la confiance
  4. Provoquer le désir
  5. Faire passer à l’action

Simple. Si vous suivez ces étapes, vous réussissez. Autrement, non.

S’il y a obligation, l’intérêt, la confiance, le désir seront tous superficiels et l’action sera tout sauf généreuse et enthousiaste.

La promotion de la formation à distance ne peut se faire efficacement que dans un contexte non obligatoire.

Le plaisir d’apprendre, la motivation de devenir meilleur, plus capable, la fierté de réussir et d’être professionnel, de maîtriser son domaine sont toutes des notions que l’on peut promouvoir.

L’obligation rendra toujours gris le catalogue de cours.

 

Denys Lamontagne Rédacteur en chef

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