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WEM ou l’art de mettre en rapport les acteurs de la e-éducation -

Par Denys Lamontagne , le 07 mai 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Thot a profité d’un récent passage à Montréal de Élaine Legault, directrice du WEM (World Education Market) pour aborder avec elle des questions relatives au mélange des philosophies du marché et de l’éducation publique.

Beaucoup de gens considèrent la venue du secteur privé armé de capitaux importants comme une menace pour l’éducation publique; quelle est la position du WEM à ce propos?

«Si on s’arrête au seul nom du "Marché mondial de l’éducation" on peut effectivement se poser des questions sur notre position. Nous nous sommes penchés sur cette réalité bien avant de nous lancer dans l’aventure, ce qui nous a mené à définir ce que nous désirions créer comme climat au WEM.

«Dès le départ, nous nous sommes dotés d’un comité scientifique composé de personnes reconnues, 26 sommités, dont plusieurs sont très impliquées dans le monde de l’éducation publique; ce sont ces mêmes personnes qui nous guident dans les orientations à donner au WEM. Des gens tels Roberto Carneiro du Grupo Forum, M. Caras de l’INTIF et plusieurs autres, ont des philosophies très claires à propos de l’accessibilité de l’éducation.

«L’accessibilité de l’éducation est un des principes directeurs de l’événement que nous organisons.»

Il n’en demeure pas moins que des capitaux énormes sont en jeux et que bien des compagnies présentes au WEM sont là pour faire des affaires avant tout, non?

«Vrai. Cependant, il y a plusieurs points à considérer.

«D’abord le WEM est ouvert à tous les acteurs, gros, moyens et petits, privés et publics, du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident. Il s’agit de permettre à tout ce monde de se rencontrer et tisser des rapports, souvent d’affaires, mais aussi de développement et de collaboration. Des représentants d’universités autant que d’entreprises se rencontrent; des projets communautaires et d’autres purement commerciaux se présentent. Le WEM ne se cantonne pas dans un genre.

«Ensuite Reed Midem (l’organisation promotrice du WEM), dans le cadre de plusieurs autres salons professionnels qu’elle organise, était déjà en contact avec des professionnels de l’industrie de la télévision, de l’audiovisuel et du multimédia, industries elles-même en rapport avec le monde de l’éducation. Le lien avec le monde de l’éducation existait mais le développement d’Internet et de la e-formation a augmenté l’importance des échanges. Le WEM n’est donc pas né d’une intention de créer un marché mais bien d’un besoin réel des professionnels du milieu. Nous assistons plutôt à la naissance d’un marché international.

«Enfin, ceux qui ont des craintes face à la marchandisation de l’éducation gagneraient à ne pas sous-estimer les acteurs actuels de l’éducation. Le monde de l’éducation est composé d’un grand nombre de personnes de qualité, plus que dans bien des industries. Il y a des réglementations, une culture de la qualité, des investissements publics énormes et une imputabilité. Privée ou publique, l’éducation aura toujours des comptes à rendre; si marchandisation il y a, elle ne sera pas la bienvenue dans ce contexte. Je crois qu’on peut faire confiance aux acteurs de l’éducation pour s’en assurer.

«Le WEM a été créé pour mettre en rapport les artisans de la e-éducation; nous travaillons avec eux et croyons nous aussi à ce principe fondamental d’accessibilité à l’éducation, pour tous.»

La deuxième édition du WEM se tiendra à Vancouver du 21 au 24 mai 2001.

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