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La collaboration en éducation = un échec au décrochage ?

Par Alexandre Roberge , le 23 septembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Nous savons qu'un des gros problèmes de la formation à distance est le décrochage. En effet, selon les chiffres amassés par divers experts, on évalue le taux de décrochage entre 30 à 68 %. Les raisons peuvent être multiples passant de variables personnelles (comme la motivation) à des contraintes plus physiques (horaire chargé, emploi). Forcément, le milieu de la formation à distance s'interroge sur les méthodes pour contrer le décrochage.

Dans les dernières années, l'institution du [email protected] s'est intéressée au phénomène et a tenté, dans certains de ses cours, d'intégrer des activités de collaboration en ligne (ou en partie en ligne). Trois chercheurs - Bruno Poellhuber, Martine Chomienne et Thierry Karsenti - se sont intéressés à cette initiative.

L'étude s'est faite avec deux groupes : un qui était encouragé à utiliser de téléconférences et outils de collaboration en ligne et un autre qui faisait le cours par correspondance classique - sans utilisation d'outils de collaboration. Pour analyser les effets de la collaboration sur les étudiants, les chercheurs ont usé de techniques mixtes : deux questionnaires dont le MSLQ (le Motivated Strategies for Learning Questionnaire, adapté pour le contexte de formation à distance) et aussi par le biais d'entrevues avec des étudiants et tuteurs.

Si les conclusions de l’étude sont plus ou moins concluantes (selon les résultats, ceux sans la collaboration auraient davantage de persistance), l’étude pose tout de même des questions fort pertinentes et se demande si, dans un contexte volontaire, la collaboration entre pairs ne serait pas intéressante. Car dans l’étude, on affirme entre autre que la grosse problématique du décrochage, c’est le fait qu’indépendamment du niveau cognitif de l’étudiant, celui-ci rencontrera des difficultés dans un cours.

Que ce soit des problèmes de compréhension de la matière ou des travaux à effectuer, par exemple, il finira par avoir une baisse d’intérêt causée par ces difficultés dans le travail scolaire. Or, c’est dans ces moments que la collaboration entre pairs semble essentielle.

D’ailleurs, comme le font remarquer les tuteurs participant aux activités de collaboration, ces activités servent davantage à renforcer le lien tuteur-élève que les contacts entre étudiants du même cours. Peut-être est-ce le fait qu’en choisissant la formation à distance, on est conscient qu’une bonne partie de la formation – même en e-learning – se fera en solitaire avec le matériel de cours ? Car, comme le soulignent les auteurs, l’intégration de la collaboration dans un contexte de formation à distance est délicat : pour une partie qui serait fort intéressée, il y en a plusieurs qui préfèrent le concept individualiste de la chose.

Alors, la collaboration est-elle une bonne chose ? Elle peut peut-être l’être dans un contexte volontaire et dans lequel les technologies d’informations sont utilisées avec soin. Une vision partagée des auteurs dans leurs recommandations. Il faut le dire, à l’heure du Web 2.0 et de groupes sociaux comme Facebook qui gagnent en popularité de manière fulgurante, il y a peut-être moyen d’entrer dans le concept de collaboration, de discussions ou de forums.

On sait que plusieurs élèves de formation à distance souhaiteraient parfois s’aider mutuellement à comprendre le matériel de certains cours. Il faut peut-être concevoir des plates-formes pour ces élèves et pour qu’ils aient des contacts plus faciles avec leurs tuteurs (professeurs) également. L’avantage étant que désormais, il est plus que jamais facile de trouver des moyens de communiquer rapidement à l’aide de forums, de blogues, de logiciels de communication écrite ou visuelle (utilisation de caméras numériques), etc.

La question est maintenant de savoir si nous sommes prêts à établir ce genre de plate-forme, de quelle façon, dans quel contexte, etc. Ce débat fascinant pour garder l’intérêt des étudiants en formation à distance n’a pas fini de faire jaser dans le milieu...

La recherche de Poellhuber, Chomienne et Karzenti (étude en anglais, avec un court résumé en français)

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