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TIC et santé : les vrais bénéficiaires du point de vue des chercheurs et des praticiens

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 02 février 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 04 février 2009

Aujourd'hui que ne peut-on pas faire avec les TIC en matière de santé ? Ou mieux que peut-on faire avec, dans le secteur de la santé ? Telle a été la préoccupation du 5ème Congrès du eHealth tenu à Bruxelles (Belgique) en novembre dernier. On apprend que les soins de santé se sont améliorés à la faveur de l'émergence de nouvelles pratiques liées aux TIC.

Quelles sont ces pratiques ?

La médecine collaborative en ligne par exemple. Elle consiste pour un médecin à se faire aider par ses pairs pour poser un diagnostic et prodiguer des soins. La décision médicale est le fruit du partage d'informations entre praticiens situés en des endroits différents.

Autre pratique nouvelle liée aux TIC, le dossier numérique du patient, une collection de données électroniques, appropriées et bien documentées, rassemblées en un lieu pour en faciliter l'accès de n'importe où et à n'importe quel moment et pour aider à la décision clinique.

Enfin, la médecine à distance encore appelée la télémédecine a tiré beaucoup de profit des TIC. Les diagnostics, les surveillances, les consultations et les interventions chirurgicales se déroulent quotidiennement à distance au point qu'on n'en parle plus dans la rubrique « faits divers ».

En conclusion pour les médecins réunis en Belgique, avec les TIC en santé, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Contrepied parfait des Etats-Unis

Le Conseil national de la recherche américain n'est pas de cet avis. Dans un rapport intitulé « Computational Technology for Effective Health Care: Immediate Steps and Strategic Directions », le Comité des sciences informatiques et des télécommunications de cet organisme dresse un constat accablant.

L'efficacité du dossier numérique du patient est battue en brèche par des observations recueillies sur le terrain. Ledit rapport allègue que « l'informatique de santé fournit rarement une vue d’ensemble des données relatives aux patients, alors que les professionnels de santé passent un temps considérable à documenter les soins qu’ils leur ont prodigués, afin de respecter la réglementation, et se prémunir des risques de procès, plutôt que pour améliorer la qualité des soins prodigués ».

Au demeurant, dans le meilleur des mondes, les systèmes informatiques de santé servent moins à améliorer l’offre de soin, la qualité des diagnostics et la coordination des personnels de santé.

Le rapport préconise donc de remettre le patient au cœur du processus et de se focaliser sur ce que le médecin peut améliorer en terme de qualité de soin. La technologie devant être perçue comme un outil secondaire.

Une approche qui tranche avec celle du Congrès du eHealth caractérisée par son optimisme béat et sa valorisation tous azimuts des solutions logicielles. Vous l'aurez sans doute compris, l'informatique médicale est devenue pour certains une pompe à fric. Comme dirait l'autre, « ce n'est pas celui qui paie qui gagne à s'informatiser ».

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