Articles

Les drogues, parlons-en... Oui, mais comment ?

Par Christine Vaufrey B , le 03 février 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 11 février 2009

La consommation de drogues constitue un phénomène mondial, qui connaît des phases de brutale augmentation, et des phases de stabilisation. D’après l’ Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), l’année 2008 a vu se stabiliser la consommation des différentes drogues.

Mais il reste pourtant vrai que la consommation de drogues « dures » ou « douces » est perçue comme un fléau qui frappe tous les pays développés, et une bonne partie des pays en voie de développement. Un fléau qui touche prioritairement les jeunes, dès l’âge de 14 ou 15 ans pour ce qui est de la consommation le cannabis.   Un fléau contre lequel nous devons unir nos forces, afin de l’éradiquer.

Voici donc le discours dominant, tel qu’il apparaît dans l’immense majorité des nombreuses ressources consacrées aux drogues sur Internet.

Drogues : conséquences physiques, psychiques... et judiciaires

La plupart des sites font un gros effort d’information du public sur les composantes et les effets des drogues sur l’organisme. Mais certains complètent ces descriptions avec des données relatives à la consommation et aux risques encourus par les consommateurs devant la justice. C’est le cas notamment de Drogues et dépendance, site français réalisé conjointement par l’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie. C’est également l’optique adoptée par le site de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT), avec toutefois une série de données complémentaires fort intéressantes à propos des « Perceptions et opinions » relatives aux différents produits. Où l’on apprend par exemple que l’herbe (famille de produits cannabis) apparaît comme un produit « bio » et naturel. De là à en conclure qu’il s’agit d’un produit bénéfique pour la santé, il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir ici.

Interrogations sur la politique du tout-répressif

Si l’usage des drogues, et notamment des plus dures d’entre elles, est bien considéré comme l’ensemble des acteurs comme une calamité, certaines voix s’élèvent contre les politiques moralisatrices et répressives menées par certains gouvernements. Le débat fait rage depuis de longues années : vaut-il mieux assister et porter assistance, ou sanctionner ? Sur le site de l’ARCAT, association française spécialisée dans l’accès aux traitements et la lutte contre le VIH – Sida, on trouvera un article fort intéressant  à ce propos, qui relate le retour inquiétant de l’héroïne dans les raves et autres fêtes techno, et la politique aveuglément répressive que cela occasionne.

Et les usagers ?

Les jeunes, on l’a dit, constituent un public particulièrement sensible à l’appel des substances classées sous l’appellation générique de drogues. De nombreux sites s’adressent à eux. Certains adoptent une attitude résolument tournée vers la lutte, tels que le Fil Santé Jeunes français. Un site québécois de même nature, Tel Jeunes, adopte une attitude plus ouverte aux opinions des consommateurs, et cherche d’avantage à les entendre qu’à les juger. Ceci, sans jamais tomber dans la complaisance. On trouve une attitude similaire sur Parlons Drogue, autre excellent site québécois, qui déroule ses informations à partir des questions que se posent les jeunes, consommateurs ou proches de consommateurs.

Mais la palme de l’empathie avec les consommateurs revient au site Techno +. Ce mouvement n’a qu’une préoccupation : limiter les risques liés à la prise d’ecstasy pendant les fêtes technos, dans la logique de l'auto-support en milieu festif (prise en charge des usagers par eux-mêmes et par leurs pairs). Le site regorge donc de conseils utiles pour aménager les moments de « descente » après la prise. On pourra s’indigner d’un discours aussi franc et direct, mais le mouvement Techno + a été reconnu d’utilité publique et travaille avec des organismes aussi connus que Médecins du Monde ou Act Up .

L'entraide communautaire

Constater que son fils, sa compagne ou son meilleur ami se drogue et ne peut plus sortir de cette dépendance est une expérience douloureuse qui remet fortement en question. Le site québécois Quand la drogue n’est plus un jeu est exemplaire à ce niveau. Il s’agit d’un espace collaboratif, dans lequel les personnes concernées témoignent, échangent des conseils et s’épaulent. Des spécialistes reconnus apportent leurs réflexions et enrichissent les discussions. 

De très nombreux autres sites proposent des ressources fort pertinentes à propos des drogues. Ils concilient information scientifique, outils de prévention, listes de lieux et de personnes ressources. Nous vous en présentons quelques-uns dans notre répertoire cette semaine.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné