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Écritures et alphabets d’Afrique: en ligne!

Par Louis-Martin Essono , le 30 septembre 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

De l’oralité à l’écriture. La civilisation de l’oral écrivait aussi.

Il est de notoriété publique que l’Afrique ignorait l’écriture. Et que la civilisation de ce continent repose sur l’oral. On oublie aussi que l’Afrique a développé des systèmes d’écriture qui avaient eu cours dans le passé. Outre l’art rupestre et les gravures dans les marmites, les jarres et autres pots en terre, les archéologues sont en mesure, aujourd’hui, de montrer l’importance qu’a revêtue l’écriture africaine dans le maintien et la transmission de l’art et de la civilisation.

Dans son livre paru en novembre 2000 et intitulé

Les alphabets d’Afrique

et dont de larges extraits sont mis en ligne par l’Université d’Harare (Zimbabwé), l’auteur, le Pr. Mafundikwa révèle dans ce site en anglais que toute société humaine emmagasine et conserve les informations fondamentales pour sa propre survie. De telles informations jouent un rôle éminemment efficace. Et s’il ne s’établit aucun distingo entre la mémoire qui se perpétue par des peintures, les dessins, les contes et les techniques mnémotechniques d’une part et l’écriture syllabique ou consonantiques d’autre part pour préserver la culture d’un peuple, l’auteur montre que l’Afrique avait conservé toutes les forme de rétention de l’histoire. Le mode de conservation des informations seul varie.

Pour montrer que l’Afrique avait une écriture plurielle, l’auteur utilise de le site de l’ Université du Zimbabwé qui offre au navigateur plusieurs formes d’écriture selon les pays. Dans le site consacré aux afrikanalphabets le décompte commence par l’écriture

Vai

du Libéria. Il s’agit d’une série de caractères dont chacun représente davantage une syllabe qu’un son unique. Le

Vai

revisité en 1830 par Momulu Duwalu Bukele avait été utilisé deux siècles plus tôt. En Sierra Leone, l’écriture

Mende

, inventé en 1920 par Kisimi Kamala, ressemble au

Vai

et constitue une écriture syllabique qui se lit de la gauche vers la droite contrairement au Vai qui, lui, se lit de la droite vers la gauche. Le Mali utilise le bamabara dont l’écriture, constituée de 123 caractères, est

le Masaba

inventée en 1930 par Woyo Coulibali. Le Cameroun apparaît également avec l’écriture bamun inventée par le Roi Ibrahim Njoya. Celui-ci avait mis sur pied un système indépendant d’écriture aussi bien pour son propre usage que pour celui de sa cour. Cette écriture, qui comporte 466 pictogrammes et symboles idéographiques, lui avait été révélée au cours d’un rêve que retrace l’auteur dans un bref résumé.

Une langue transfortalière s’utilise au Cameroun et au Nigéria. C’est le " Nsibiri", langue inventée par les populations nigéro-camerounaises de la tribu Ejagam au sud-est du Nigéria et au Sud-ouest du Cameroun. Langue mystérieuse utilisée seulement par les sociétés secrètes, cette écriture représente des idéogrammes relatifs à la vie et révèle l’état avancé et suffisamment riche de la culture. Avec le commerce et la traite des esclaves, cette langue a traversé l’Atlantique et est largement utilisée par les Noirs de Cuba qui la désignent sous l’appellation de "anaforuana". L’usage du "nsibiri" à Cuba est réservé aux sociétés secrètes à l’instar de "l’abakua". Les écritures somali et éthiopienne sont aussi présentes sur le site à découvrir dans le site de l’Institut Zimbabwéen d’Art.

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