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Réassemblage de données (Mashup) : s’en servir au lieu de s’en inquiéter

Par Denys Lamontagne , le 08 octobre 2007 | Dernière mise à jour de l'article le 24 novembre 2011

Ne cherchez pas l’auteur de la «Chanson de Roland» car vous ne le trouverez pas : cette oeuvre est le lot de dizaines de troubadours durant plusieurs centaines d’années. La bataille de Roncevaux a eu lieu autour de 778; la version la plus ancienne est estimée autour de 1090 et elle fut retransmise durant tout le Moyen-Âge jusqu’à l’invention de l’imprimerie.

Les données du texte épique étaient constamment réassemblées et adaptées en des oeuvres plus ou moins longues, accompagnées ou non de musique, de chant ou d’expression théatrale et parfois très différentes les unes des autres. On ne peut pas dire «éloignées de l’original» puisqu’il n’y a pas «d’original», juste une oeuvre en constante transformation.

Aujourd’hui, par la présence de la numérisation, le réassemblage de données en d’autres oeuvres est de plus en plus facile et courant.

Échantillonnages, objets d’apprentissage, photos, vidéos, avatars, extraits d’oeuvres de toutes sortes, artéfacts d’un autre âge maintenant numérisés, musiques, conférences, livres, etc. sont la matière première.

Les logiciels et sites de traitement sont les outils, il en existe des dizaines et les résultats sont accessibles sur YouTube, ScrapBlog, Flektor et autres services du même genre.

À partir de quel niveau de fragmentation une oeuvre cesse-t-elle d’exister ? Une utilisation originale d’un matériel traditionnel ou le détournement créatif de l’intention originale d’une autre oeuvre sont-ils suffisants pour usurper les droits ? La notoriété d’une oeuvre fait-elle partie de l’oeuvre ?

On a souvent vu une oeuvre oubliée être remise à la mode par une refonte, sans considérer la valeur pédagogique de toute oeuvre majeure qui s’intègre à la civilisation : l’enseigner lui ajoute de la valeur.

Créativité

Et que dire du processus créatif impliqué dans un réassemblage : de nouveaux liens apparaissent et l’exercice lui-même peut donner une compréhension plus profonde des oeuvres originales à celui qui le produit.

Les deux exemples fournis ici montrent un troisième niveau de création. D’abord l’oeuvre de DaVinci, ensuite les réassemblages pour d’autres fins et ensuite le réassemblage des réassemblages pour illustrer cet article.

Éducation

Le droit d’auteur évolue, comme les usages et les mentalités. Il serait périlleux de tracer une ligne de conduite stricte en éducation sans ignorer les risques et aussi les avantages. La règle du bon sens prédomine : traiter les autres comme on voudrait être traité, donner les crédits et les sources (quand on les trouve!), s’assurer de l’originalité du travail et ne pas jouer dans les plates-bandes commerciales sans entente commerciale.

Pour le reste, la copie et les réassemblages ont toujours fait partie de l’éducation. Tout apprenti commence d’abord par copier puis graduellement augmente la portée de ses habiletés et de sa maitrise jusqu’à la création d’oeuvres originales. Les jeunes étudiants compilent leurs recherches en des travaux scolaires depuis longtemps; le réassemblage leur permet maintenant de le faire en multimédia

Pour un article sur le sujet : Mashup; or, Why Educators Should Learn to Stop Worrying and Love the Remix, par Lamb Brian dans Educause, octobre 2007.

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