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Cameroun : la formation à distance à la rescousse des universités d’État (2001)

Par Louis-Martin Essono , le 13 octobre 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 01 août 2015

Réunis autour du ministre chargé de l’Enseignement supérieur à l’occasion de la commission de coordination universitaire en 2001, les six recteurs qui gèrent les Universités d’État ont jugé très grave la situation prévalant à la veille de la rentrée à cause des conditions d’accueil de nouveaux étudiants. La situation est due au fort taux de réussite au Baccalauréat francophone et au G.C.E./ Advanced Level enregistré au cours de l’année qui vient de s’achever.

Il s’agit en fait de quelque 31000 nouveaux diplômés devant s’inscrire dans les Universités d’Etat. Celles-ci, réparties dans 5 des 8 Provinces camerounaises, avaient été créées en 1993 pour décongestionner l’ Université de Yaoundé 1 la mère des universités, qui ployait sous le poids de 50.000 étudiants pour une capacité d’accueil qui reste en- deçà de 20.000 étudiants.

L’Université de Buéa, typiquement anglophone, située à de 400.00 km de Yaoundé, est renommée pour sa sélection très stricte des candidats. L’Université de Ngaoundéré, éloignée de 700 km de Yaoundé offre des enseignements de type francophone. Douala est spécialisée pour des études commerciales alors que l'Université de Dshang, qui dispense déjà des cours en formation à distance, consacre ses enseignements dans le domaine de l’Agriculture. Yaoundé compte deux universités bilingues chargées, l’une pour les sciences humaines et les sciences exactes, l’autre pour le Droit et l’Économie. A chacune des Universités sont annexées deux ou trois grandes écoles.

À la veille des rentrées, s’inquiètent les recteurs, près de 28.000 candidats ont pris leur préinscription. La capacité d’accueil de leurs institutions ne dépasse guère les 12.000 places. La marée de nouveaux candidats n’a pas de chance de frapper à d’autres portes, les Universités occidentales ayant considérablement réduit le nombre d’étudiants désireux de s’inscrire chez elles.

Trois solutions ont été proposées par les recteurs pour résoudre cette difficulté. La première, prise davantage pour un souhait que pour une solution, consiste à améliorer les infrastructures actuelles. Ce qui est source de très grosses dépenses, l’argent faisant défaut et la rentrée toute proche. La deuxième proposition porte sur la publication du nombre de places disponibles dans chaque université. Cela permettrait de sélectionner des étudiants en fonction des places disponibles et de préserver un enseignement de qualité. Mais l’inconvénient sera de fermer les portes de l’Université à une masse considérable de jeunes désireuse d’appartenir à l’enseignement supérieur.

La troisième solution est le recours à l’enseignement à distance. Solution utilisée à Dschang depuis plusieurs années. Aidé de nombreux partenaires, le Minesup, le ministère camerounais de l’Enseignement supérieur, est sur le point d’interconnecter les six universités pour y faire assurer des cours à distance devant fonctionner en modèle synchrone. À partir d’un satellite domestique, les communications seraient meilleures et à meilleur coût et les missions des enseignants diminuées. S’il est vrai que, dès cette année, les enseignants auront chacun un ordinateur connecté à l’Internet, on attend les équipements relatifs à ces enseignements synchrones nécessaires pour décanter la situation et permettre une rentrée en bonne et due forme.

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