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Connaissances et Compétences : comment réconcilier les frères ennemis ?***

Par Christine Vaufrey B , le 24 mars 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Sur son blog « Veille et Analyse TICE », Bruno Devauchelle , formateur chercheur spécialiste de l’usage des TICE en milieu scolaire, propose une utile mise au point sur la pseudo-opposition entre compétences et connaissances.

Il retrace en premier lieu le parcours fort sinueux du terme « compétences », qui s’est déplacé au fil du temps du domaine juridique à celui de la linguistique, est passé dans le domaine pédagogique et s’est enfin fermement installé dans l’univers de l’entreprise. Ce nomadisme a pour conséquence que chacun met sous le terme « compétences » des significations bien différentes, ce qui ne facilite pas la clarté des débats.

En France,dans le milieu éducatif, la notion de « compétences » est utilisée depuis une vingtaine d’années dans l’enseignement professionnel, en donnant

« une matérialité nouvelle à ce que les élèves apprennent »

. Mais il a fallu attendre 2006 pour que le terme soit officiellement défini dans le texte de loi portant sur « le socle commun des connaissances et compétences » que tous les élèves sont censés acquérir pendant leur scolarité obligatoire.

Ainsi est-il précisé dans le texte officiel que :

" Chaque grande compétence du socle est conçue comme une combinaison de connaissances fondamentales pour notre temps, de capacités à les mettre en oeuvre dans des situations variées, mais aussi d’attitudes indispensables tout au long de la vie ".

Cette définition montre bien qu’il n’y a pas de véritable opposition entre connaissances et compétences, mais que les secondes intègrent les premières.

Il se trouve encore aujourd’hui des penseurs et idéologues qui considèrent que l’approche par compétences relève d’une logique rationaliste et réductrice qui dévalorise le savoir et la tâche éducative. Pour eux, point de salut en dehors des connaissances, détachées de toute utilisation.

Bruno Devauchelle souligne les dangers d’une telle prise de position, qui refuse absolument d’envisager le lien entre les connaissances et ce que l’on en fait et, du même coup, autorise l’arbitraire dénoncé depuis de nombreuses années de la notation comme unique outil d’évaluation des acquis.

Une fois de plus, B. Devauchelle risque de soulever la polémique en attaquant de front les positions bien installées des tenants d’une éducation coupée de toutes ses fonctions utilitaires. Mais son propos ne manque ni d’étayage scientifique, ni de bon sens. A chacun, dès lors, de se positionner dans le débat et de détecter les intentions cachées des uns et des autres.

Compétences contre connaissances ?

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