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Pourquoi choisir l'université ?

Par Martine Dubreucq , le 27 mai 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 02 juillet 2009


Depuis janvier 2007, un nouveau dispositif d’orientation active a été mis en place par les universités. Il s’adresse aux lycéens qui souhaitent poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur et qui s’interrogent sur leur orientation. On enjoint les étudiants à faire preuve de « proactivité » et à bénéficier d'un conseil objectif et individualisé... à condition de remplir un formulaire avec leurs vœux à choisir dans une liste de formations . Curieuse façon d'accompagner !

Voir par exemple l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Ce n'est pas celle qu'a choisie Josette Saulnier-Cazals, qui s'est beaucoup inspiré des travaux des chercheurs de l'université Laval, D. Pelletier, G. Noiseux et C. Bujold. Ces chercheurs se sont interrogés très tôt sur les façons d'aider les jeunes à construire quelque chose qui les rendraient capables de faire des choix « éclairés et muris » et ont mis au point des méthodes individuelles fondées sur des entretiens ( ADVP - Activation du Développement Vocationnel et Personnel ).

Josette Saulnier-Cazals est psychologue et conseillère d'orientation et est intervenue en mars 2009 à l'Université de Strasbourg pour des étudiants de première année en sciences humaines.

Voir l'intervention de Josette Saulnier-Cazals devant les étudiants de première année à l'Université de Strasbourg, dans le cadre de la manifestation "Choisir l'Université".

Son discours, très éloigné des opérations de communication officielles, cherche à réhabiliter l'image désuète et plutôt négative que des années de campagne ONISEP ont désormais ancré dans la têtes des jeunes étudiants.

Non, orienter ce n'est pas noyer sous une tonne de prospectus mais vraiment interroger chaque adolescent sur ce qu'il cherche, sur le sens qu'il veut donner à sa vie.

Sa communication retrace les débuts de l'orientation en France : en 1912, l'Office d'orientation professionnelle est créé à Paris relayé dans les années 70 par l'ONISEP. Aujourd'hui, la mission d'information devrait faire place à une mission d'accompagnement individualisé : il ne suffit pas d'être casé, orienté, il faut faire en sorte que chacun d'entre nous trouve du plaisir dans son travail.
« Ne profitent de l'information que ceux qui savent pourquoi ils viennent chercher l'information »

Trois principes méritent l'attention :

-un principe expérienciel (tant que ne vous vivez pas ce qu'on vous raconte, toute information est inefficace)

-un principe heuristique : il faut savoir traiter ses expériences

-Un dernier principe intégrateur : il faut savoir mettre en œuvre l'ensemble de ces expériences dans des actions et cette étape de la réalisation ne doit pas être négligée.

Sa longue expérience personnelle dans l'évolution de sa carrière lui permet justement d'énoncer quelques sages préceptes :

1.Rien n'est définitif. On se construit au fur et à mesure de ses rencontres, de ses expériences.

2. Nous sommes des êtres intentionnels et on a envie de donner un sens à nos vies. Le sens de la vie se découvre petit à petit et chacun de nous ne désire pas les mêmes choses, fort heureusement.


Une approche qui intéresserait François Dubet, chercheur à l'EHESS qui s'exprimait ainsi au Forum Libération "Nouveau monde "à Grenoble le 9 mai 2009 :
Le système français est tellement resté arcbouté sur l'idée qu'il fallait ajuster les places et les individus qu'il a perdu de vue et même sacrifié l'education. Quand on n'est plus capable d'ajuster les gens aux places, fabriquons des individus, fabriquons des acteurs qui auront à agir et formons-les pour cette action !

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