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Journée Internationale de l'eau : où sont les ressources pédagogiques africaines ?

Par Thot , le 23 mars 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 27 mars 2010

À Yaoundé ou à Douala, les deux grandes métropoles camerounaises, des quartiers passent des mois entiers sans voir un filet d'eau sortir des robinets. Dans les pays du Sahel, en fonction des saisons, la pluie ne donne pas aux enfants le plaisir de jouer sous l'eau, car il ya sept mois de sécheresse nette et trois mois d'ouragan. Pendant la sécheresse, l'on parcourt des kilomètres pour obtenir cette manne providentielle souvent infestée de microbes qui infligent aux populations des coliques amibiennes qui font perdre le peu d'argent dont on pourrait disposer.

Le 22 mars dernier, le monde a donc célébré la Journée Mondiale de l'eau, en insistant sur la qualité de cette eau. L'Unesco a en effet chois comme slogan  De l’eau propre pour un monde sain , étant donné que, selon Irina Bokova, la Directrice générale de l’Unesco, lors de son discours à l’occasion de la Journée Mondiale de l’eau les eaux non polluées sont devenues rares et le seront plus sous l’effet des changements climatiques.  En Europe, des actions sont entreprises afin de former la queue pour les toilettes la plus longue du monde.

Les objectifs de cette journée sont nombreux notamment faire prendre conscience de la nécessité d’entretenir des écosystèmes sains et d’assurer le bien-être de l’humanité en relevant les défis croissants que pose la qualité de l’eau pour la gestion des ressources en eau. Il y a aussi la mission devant contribuer àaccroître la visibilité du thème de la qualité de l’eau en encourageant les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus dans le monde entier à s’engager sur ce thème, en participant à des activités telles que la prévention de la pollution, le nettoyage des cours d’eau et des lacs et leur restauration.

Le monde éducatif est en première ligne pour assurer cette sensibilisation, et il n'est que de faire une recherche simple sur Internet, avec les mots-clés "ressources pédagogiques eau" pour découvrir des milliers de ressources francophones utilisables à tous les niveaux d'enseignement.

Il est douloureux de constater que ce sont encore les pays du Nord, substantiellement à l'aise quant à ce qui concerne la gestion de l'eau, qui prennent des initiatives heureuses pour faire comprendre à leurs jeunes citoyens l'importance de l'eau et la nécessité de savoir gérer cette ressource vitale. Les médias, l'école et toutes les autres structures se mettent en quatre pour expliquer ce problème.

L'Afrique ne produit toujours pas ses ressources pédagogiques

Sur le continent africain, des manifestations seront également organisées. La liste de ces manifestations, telle que la présente le site officiel du PNUD, montre que ce sont principalement les pays anglophones qui ont signalé leurs activités. On constate également que les organismes officiels et les ONGs locales seront en première ligne. Mais soyons honnêtes : la carte proposant un récapitulatif des célébrations dans le monde rappelle à qui l'aurait oublié que l'Afrique ne s'est pas fortement mobilisée. Les peuples qui souffrent le plus du manque d'eau  prennent peu d'initiatives, se contentant de se plaindre ou de consommer les produits venus d'ailleurs.

Et le monde de l'éducation africain est singulièrement absent de cette mobilisation mondiale, si l'on excepte les universités. A l'école, seuls les aspects hydrographiques sont abordés pendant les cours. Les problèmes de qualité de l'eau, de description physique et de circuit ne sont guère abordés. Certes, la sensibilisation aux questions d'hygiène et à la gestion raisonnable de l'eau s'effectue principalement dans les familles. Les Africains savent, si nécessaire, vivre avec quelques litres d'eau par jour, alors que les citoyens du monde développé en gaspillent plusieurs dizaines, ou même des centaines si l'on prend en compte les usages de masse tels qu'on les trouve par exemple en agriculture.

Le site répertoire TESSA (Teacher Education in Sub Saharian Africa) montre pourtant que les enseignants africains sont tout aussi capables que d'autres de réaliser de bonnes ressources en ligne. Mais on y cherchera en vain un seul cours relatif à l'eau, en français...

Il est temps de couper le cordon ombilical, de se mettre au travail et de partager les ressources ainsi créées. Si ce n'était pas le cas, nous serions alors en droit de penser que les questions cruciales des équipements et de l'accès à l'éducation en cachent d'autres, tout aussi graves, celles de la qualité et de l'autonomie de nos systèmes éducatifs. 


Photo : Julien Harneis, Flickr, licence CC.

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