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Journées du E-learning à Lyon : droit et pédagogie font bon ménage

Par Christine Vaufrey B , le 30 juin 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 01 juillet 2010

La cinquième édition des journées du E-learning, organisées par le Service Universitaire d'Enseignement en Ligne (SUEL) et le Centre Droit et Nouvelles Technologies (CDNT) de l'Université Lyon 3, en partenariat avec plusieurs universités en Rhône-Alpes, s'est déroulée les 24 et 25 juin derniers. "Au-delà des plates-formes : la E-Pédagogie", tel était le thème de cette édition, à laquelle le public a assisté nombreux, remplissant l'amphitéâtre de la faculté de Droit qui accueillait ce colloque.

L'e-pédagogie, c'est la pédagogie, tout simplement !

La moitié environ des interventions réalisées pendant ce colloque fut consacrée aux fondamentaux de la pédagogie telle qu'elle s'applique dans le cadre de la formation à distance ou de la formation hybride. L'intervention vedette sur ce thème fut sans conteste Marcel Lebrun qui, au travers de son exposé intitulé "Des plates-formes motivantes : de l'enseignement à l'apprentissage", a martelé le message qu'il ne cesse de diffuser depuis plusieurs années au fil des colloques et ateliers auxquels il participe : "une bonne e-pédagogie est d'abord une bonne pédagogie". Le diaporama de son intervention n'est pas encore en ligne, mais on se fera une idée de ses principaux éléments en consultant par exemple celui d'une récente intervention réalisée à l'INRP, "Les TICE, valeur ajoutée et métamorphose de la pédagogie" (fichier .pdf).

Bernadette Charlier, en direct et à distance depuis l'université de Fribourg, a évoqué les multiples casquettes posées sur la tête de l'enseignant universitaire qui gère et anime des séquences de formation à distance. Peter A. Bruck, enseignant à l'université de Salzburg en Autriche, a présenté un produit de "rapid learning" destiné aux personnes en activité professionnelle extrêmement intéressant, qui rompt radicalement avec le format scolaire ou universitaire, incompatible avec le rythme et la charge de travail habituels. Une belle piste pour mieux intégrer la formation continue à l'emploi. Sergio Poli, professeur à l'université de Gênes en Italie, a pour sa part présenté une plateforme "maison" destinée à accueillir les activités liées à un cursus de traduction spécialisée. Où l'on a constaté que l'inventivité est stimulée par la faiblesse des moyens matériels, et que la scénarisation du parcours joue un rôle crucial dans le maintien de la motivation des apprenants à distance.

Le droit de l'internet et du e-learning... rappels salutaires

L'autre moitié des interventions traitait, de manière transversale, des différents aspects juridiques de la production et de l'animation de formation à distance et, plus largement, de la place qu'occupent désormais les outils numériques dans la vie et l'apprentissage. Pour une part significative des participants au colloque, ces aspects juridiques constituaient une découverte : droit régissant la citation, l'utilisation et la réutilisation des métadonnées, droit des mondes virtuels, législation en vigueur encadrant le temps de travail des enseignants du secondaire et du supérieur investis dans la FAD, protection des données vs accès libre et gratuit... Autant de thèmes a priori austères mais traités avec grand brio par des juristes passionnés et passionnants. Les conversations se déroulant sur les temps de pause montraient que la question juridique avait souvent été sous-estimée tant par les usagers que par les producteurs (ou futurs producteurs) de FAD et, plus globalement, de ressources numériques pour la formation, et que le rappel des fondamentaux éviterait bien des erreurs...

Autre constat massif, celui de la dissociation entre les usages effectifs et la législation. La législation apparaissant souvent en retard vis à vis des usages foisonnants de partage, de réutilisation, d'expérimentation propres au champ du numérique. A ce niveau, un concept fondamental a été exprimé à plusieurs reprises : le droit s'enrichit constamment du traitement des contentieux qui apparaissent (c'est la jurisprudence), et la somme des règles et lois ainsi produites constitue progressivement le dispositif législatif d'encadrement des pratiques, qui évolue en permanence sous la pression des usages. Une belle leçon pour la démocratie, qui construit ses règles à partir des pratiques effectives dans un souci de cohérence globale. Une leçon qu'il est utile de rappeler, comme l'a fait Cedric Manara pendant le colloque, à l'heure où en France la loi Hadopi devient effective, une loi qui, précisément, tend à interdire les usages plutôt qu'à les encadrer et bafoue un droit désormais perçu, au niveau européen, comme fondamental, celui de l'accès aux réseaux.

Avant de clore ce nouveau chapitre des journées du E-learning, il convient de remercier Yann Bergheaud et Gérald Delabre, respectivement responsable du SUEL et Directeur-adjoint du CDNT, responsable de la plateforme Faculté de Droit Virtuelle , qui nous ont offert cette année encore une très belle édition, stimulant les échanges et les réflexions croisées. 

Rendez-vous est pris pour la sixième édition des Journées du E-learning, les 23 et 24 juin 2011 !

Les vidéos des différentes interventions seront progressivement mises en ligne sur la page ELearning TV, webTV du SUEL. Un premier diaporama est déjà disponible. 

Site des Journées du E-learning, avec programme de la cinquième édition

#JEL, mot-clé du colloque sur Twitter

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