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Initiatives 2005 : le Sommet de Tunis et la question de la norme***

Par Louis-Martin Essono , le 19 novembre 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

En marge du Sommet de Tunis, plusieurs organisations internationales et multinationales ont tenu des rencontres scientifiques relatives à la circulation de l’information dans le monde. En partenariat avec ISO, l’ Auf, qui avait lancé, des mois plus tôt, un forum sur le sujet a organisé les 14-15 novembre derniers, le colloque Initiatives 2005 sur

La norme comme instrument de réussite d’une Société de la connaissance partagée

Le forum visait à promouvoir le développement des normes dans le domaine des Tic pour l’apprentissage, l’éducation et la formation. L’instauration des normes ouvertes aux besoins linguistiques, culturels et économiques dans les Sud exige un effort de mobilisation de tous les acteurs de l’éducation et de la formation. Aussi les normes à établir

consensuellement

devront-elles contribuer à préserver les patrimoines de biens publics et à favoriser la pluralité des approches éducatives ainsi que la diversité des modes de transmission du savoir.

Le travail de l’ IUT dans les télécommunications est indéniable pour juguler le potentiel ambigu des pays à influencer la normalisation des réseaux dans leur action et leur vote au sein même de l’IUT. La capacité de tous à communiquer librement dans sa propre langue au siècle de l’information demeure un défi pour la préservation des cultures. À l’ère de la déréglementation des télécommunications s’impose l’équilibre culturel, cognitif et linguistique qui risque de se briser dans les années futures. Le partage du transculturel et du translinguistique du savoir s’érige donc en un enjeu majeur et une trentaine de chercheurs ont mis en commun leurs réflexions et les pistes de solutions pendant les deux jours de leur rencontre à Tunis.

M. Gendreau-Massaloux a impulsé la réflexion en montrant l’importance de la norme dont elle a retracé brièvement l’historique et surtout la nécessité dans tous les pays du monde. Trois conférences inaugurales ont suivi, apportant sur les conditions et les usages de la norme des appréciations innovantes dans le cadre des Tice. C’est le cas de J. Perriault, de David Clemis et d’Adrian Hall respectivement de France, du Canada et de Royaume Uni.

Les différents orateurs ont précisé le rôle des normes dans les aspects économiques du développement durable. Une économie basée sur un tel développement se fondera sur des normes d’apprentissage en ligne qui préservent à la fois la diversité culturelle et la valeur de l’éducation comme bien public. Pareille perception implique que les communautés d’enseignement en ligne de toutes les régions en développement aient un égal accès au processus de normalisation aussi bien qu’à l’exploitation des systèmes d’e-learning.

Vu que seuls les outils et les ressources d’enseignement normalisés résisteront à l’avenir, il est probable que les communautés inscrites dans les démarches de co-développement mutuel affronteront positivement les nouvelles donnes de l’économie du savoir. Aussi les normes se révèlent-elles des facteurs de développement durable des ressources pédagogiques offrant la possibilité de transformer les ressources éducatives et leur circulation entre les plates-formes tout en assurant la pérennité du patrimoine éducatif. D’où les communications sur la Fàd pour le développement durable, les normes et les plates-formes de la formation en ligne dans la perspective d’un apport aux pays en voie de développement.

La série de débats thématiques a abordé

les usages des standards d’interopérabilité dans la conception des supports pédagogiques des formations Transfer»

(M. Ayari),

les nouveaux standards de qualité de la fàd

(J. Pawlowski) et la pratique du design pédagogique et objet d’apprentissage (France Henri). Plusieurs autres intervenants ont débattu sur les théories d’apprentissage et les pratiques de standardisation en Foad, sur le glossaire et la banque d’objet d’apprentissage et sur les normes et contexte en e-learning.

Une autre voie de recherche concerne la diversité culturelle et linguistique, étant donné que les langues et la culture interfèrent dans toute action d’enseignement. Comme on n’enseigne bien que dans la langue et la culture de l’apprenant, il faudra développer les normes en appui à la diversité culturelle et linguistique.

Cette pratique aboutira à des ressources multilingues interopérables, à la mutualisation et à l’évitement des doublons. Il reste cependant que chaque culture doit prendre la responsabilité de créer ses outils pour optimiser ses ressources et préserver ses diversités culturelles et linguistiques.

C’est dans cette perspective que Hudrisier et Ben Henda proposent, d’une part, des terminologies multilingues associées au développement des normes du e-Learning comme garantie d’une appropriation sociale élargie et, d’autre part, l’interopérabilité pédagogique à travers la dynamique multilingue et multiculturelle d’une intermédiation francophone pour les pays émergents.

Huong établit les normes en technologie de l’information et les impératifs linguistiques et culturels tandis que Insook Lee analyse les défis et les opportunités pour une société multiculturelle. Casteignau se demande si le développement des communautés virtuelles d’apprentissage dans une démarche collective peut être freiné par des normes en éducation. McKenna examine les possibilités d’un web sémantique par le biais des terminologies multilingues.

Une dernière perspective de ce colloque concerne la collaboration et le développement des normes et standards dans les innovations technologiques. En effet, l’information numérique normalisée, le multimédia et l’interopérabilité induisent la mise en place des consortiums permettant que seules survivent les offres d’enseignement réalisées par des communautés de tailles critique suffisante.

Voilà pourquoi un ensemble de contributions portant sur l’indexation d’hypermédias scientifiques, sur la production de documents numériques pédagogiques dans un contexte normalisé et sur les standards comme facilitateurs ont clôturé des débats avant les interventions officielles de fin de débats.

Pour l’Auf, le colloque de Tunis aura été un réel succès au regard des discussions et des propositions émises durant cette rencontre. La participation du Sud, bien que sobre, a été de très bonne qualité et les contributions ont retenu l’attention, prouvant le rôle égalitaire que vise à instaurer l’Auf dans le cadre de ses programmes .

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