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Esprits libres et logiciels captifs***

Par Mohamed Ouzahra , le 29 mai 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Par certains aspects, la problématique du logiciel libre ou

Open Source

(même si des nuances existent entre ces deux dénominations) s’apparente à celle du tabac. En effet, comme les cigarettiers, les principaux éditeurs informatiques, et à leur tête qui vous savez, semblent vouloir faire des pays du Sud leur nouvel eldorado. Et ce, pour une raison très simple, ils font face dans les pays développés à une plus forte combativité des utilisateurs de l’Open Source. Sans parler des procès pour abus de position dominante qui leur sont intentés ici où là.

De la même façon, les grandes majors du tabac investissent massivement sous nos latitudes en partie parce qu’elles sont en butte, chez elles, au lobbying incessant des associations de défense de consommateurs et sous la menace de poursuites judiciaires retentissantes.

Bien sûr, la comparaison s’arrête là et il reste, du moins à ma connaissance, bien plus nocif pour la santé de s’en griller une que d’utiliser un logiciel produit par la firme de Mister Bill.

Conséquence de cette omniprésence des grands éditeurs, le logiciel libre a quelque mal à s’implanter au Maroc. À lire l’article d’un journal local, il s’agit même d’une éventualité aussi lointaine qu’un débarquement de notre extraterrestre favori (il faut que je pense à demander l’aide des lecteurs de Thot pour lui trouver un nom !).

Mais la partie est-elle totalement perdue ? A en croire, d’autres analystes rien n’est moins sûr et c’est justement l’enseignement qui pourrait voler à la rescousse de la planète open source. Il faut dire que peu contestent les bienfaits de l’Open Source pour l’enseignement. Les projets sont ainsi nombreux et de qualité. Je pense en particulier aux travaux du Centre Linux de l’Université Hassan II de Mohammedia.

Il faut dire que l’ambitieux projet Génie, dont j’ai déjà parlé ici, aiguise bien des appétits, y compris ceux de certains opérateurs qui voient dans les logiciels libres surtout la possibilité de faire librement du profit. Encore que d’autres accusent les promoteurs de Génie d’avoir d’ores et déjà verrouillé le dossier au bénéfice des grands éditeurs de logiciels. Même si les appels d’offres laissent une petite place - un strapontin ? - à certaines applications alternatives comme Open Office.

Il semble en tout cas que la bataille ne fait que commencer. Alors en ces temps de compétition footballistique, il reste à espérer que le jeu soit ouvert et les chances équitables. Pour le reste, je fais largement confiance à la société civile pour prendre le relais.

Par contre, on ne peut être que dubitatif à voir la crédulité de certains de mes compatriotes qui prêtent régulièrement aux NTIC des vertus qu’on ne leur soupçonnerait même pas. Celle par exemple de se substituer à des climatologues de haut niveau. N’ont-ils pas donné dernièrement crédit à la folle rumeur d’un gigantesque tsunami balayant, avec - excusez du peu ! - des vagues de 200 mètres, la côte atlantique du pays ? Heureusement, certains esprits libres n’auront pas perdu leur humour dans l’histoire.

A bientôt.

P.S. : Je ne résiste pas à la tentation de vous faire visiter un magnifique jardin situé à Marrakech et qui n’existait pas encore virtuellement lorsque Thot a abordé ce thème.

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