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Afrique subsaharienne et éducation mondiale : quelle place avant 2015 ?***

Par Louis-Martin Essono , le 03 juin 2007 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Le travail abattu pour dresser le bilan de la dernière décennie avant l’atteinte des objectifs du millénaire est remarquable. Des questions pertinentes et des observations judicieuse émaillent cet élogieux rapport qui vient de sortir des fonds de l’Unesco. Une place particulière est réservée à l’Afrique noire subsaharienne avec ses 45 pays retenus par le programme EPT.

L’incipit l’annonce sans fioriture : en effet, lit-on, « le tableau d’ensemble de l’EPT en Afrique subsaharienne est mitigé ». Ce rapport sectoriel révèle que le nombre d’enfants non scolarisés demeure beaucoup trop élevé (38 millions en 2004). La progression et l’achèvement de la scolarité sont encore des préoccupations majeures. La qualité de l’enseignement, l’alphabétisation des adultes et l’éducation tardent.

À côté de cette situation, et en cela, aucune innovation, des millions d’enfants en Afrique subsaharienne n’ont toujours pas accès à des programmes de soins, à la vaccination de base, à l’eau potable, à une alimentation adéquate et à la stimulation précoce dont ils ont besoin pour survivre, grandir et se développer.

En revanche, depuis les années 1970, l’Afrique subsaharienne a enregistré une augmentation régulière des effectifs d’inscrits dans l’enseignement préprimaire, et une forte hausse (de 43,5 %) entre 1999 et 2004. Toutefois, comme la croissance démographique reste élevée, cette évolution ne s’est pas traduite par une augmentation conséquente du taux brut de scolarisation. Les obstacles à l’accès demeurent donc le coût de l’école, la pauvreté et les disparités régionales.

Même si les effectifs ont augmenté de plus de 50 % depuis 1999, seule une petite partie de la tranche d’âge concernée a accès à ce niveau d’enseignement, avec un TBS inférieur à 5 % en 2004. C’est en Afrique du Sud, à Maurice et au Nigéria que l’enseignement supérieur est le plus développé, le TBS dépassant les 10 % dans ces pays.

Plusieurs autres analyses chiffrées parsèment ce travail titanesque qui vient confirmer les observations, les lacunes, les propositions, les situations souvent présentées dans les colonnes de Thot. Le contexte scientifique et l’envergure de l’Unesco peuvent, c’est notre souhait, lui donner une audience et surtout une réponse qui résout les problèmes si longtemps soulevés

On lira ce rapport cru avec plaisir et amertume en même temps et le tableau récapitulatif de la fin.

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