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Un pavé dans la mare de la formation des maîtres : plus de 1 200 enseignants français questionnés***

Par Denys Lamontagne , le 26 juin 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Depuis 1991, la Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) conduit des enquêtes auprès de panels ou d’échantillons d’enseignants afin de mieux comprendre leur rapport au métier.

En septembre-octobre 2005, l’interrogation d’un échantillon de 1200 enseignants du premier degré constitué par la DEP, représentatif au niveau national par âge, type d’école et taille de l’école, a permis de recueillir principalement leurs opinions tant sur la formation initiale que sur la formation continue.

À la lecture de ce rapport de 6 pages « Les enseignants des écoles publiques et la formation» on constate que si la qualité et le dévouement des professeurs est un point fort, cela ne les empêchent pas d’être critiques sur la formation qu’ils ont reçu :

  • les programmes «sont trop axés sur des connaissances universitaires de niveau élevé»,
  • un enseignant sur deux estime qu’ils «sont inadaptés à l’enseignement et ne permettent pas une bonne maîtrise des savoirs à transmettre»,
  • et plus de sept sur dix adressent au concours de recrutement le reproche de ne pas évaluer «les connaissances et compétences sur la pratique de l’enseignement».
  • Ainsi, les trois quarts des professeurs des écoles qualifient la formation d’insuffisante ou très insuffisante

75 % !

À la place des directions de ces centres de formation, on se poserait de sérieuses questions et on remplacerait quelques élucubrations psychologiques par de vraies pédagogies de terrain.

Juste pour donner le ton, les professeurs souhaitent clairement «une formation d’avantage orientée vers la pratique et un plus grand soutien de la communauté éducative».

Surtout qu’aujourd’hui on a les outils pour se lier en communauté; mais pour cela, il faudrait d’abord que les Tic soient intégrées dans les instituts; pas dans des cours à propos de l’utilisation des technologies, mais en les utilisant dans tous les cours...

75 % bis !

Pour terminer, plus de 75 % des jeunes enseignants recommanderaient leur métier contre 35 % des enseignants plus âgés.

Il y a quelque chose là. Comment perd-on la fierté de ce que l’on fait ? Il n’y a pas 36 façons : en faisant ce que l’on ne veut pas ou ne devrait pas faire et en ne faisant pas ce que l’on voudrait ou devrait faire. À la place des directions éducatives, je me poserais aussi des questions.

Télécharger Les enseignants des écoles publiques et la formation, format .pdf

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