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Le Défi numérique du Cameroun : première alerte

Par Louis-Martin Essono , le 07 avril 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Sous la houlette de l’organisation suisse Anais , un groupe de Camerounais, professeurs, journalistes, société civile, a décidé de créer une revue trimestrielle dénommée

Le défi numérique

. Elle émane d’Anaïs et son histoire remonte à Bamako 2000 à la création d’Anaïs-Afrique centrale et d’Anaïs Cameroun. La Coopération française a largement contribué à la parution de la plaquette.

Ses 70 pages établissent un état des lieux des Ntic au Cameroun. Sur 30 pages, elle fait appel aux juristes, aux techniciens, aux formateurs de la jeunesse et aux responsables des outils internet et des télécommunications. La revue définit d’abord les Ntic et interroge, par la plume de Nzepa, l’état de la fracture des Ntic. Le regret est net : malgré une volonté réelle d’appropriation des Ntic, le politique tarde à s’impliquer avec méthode et urgence. Tonyè montre que le tissu technologique existe et que les défis s’avèrent multisectoriels. Boyomo fait le point sur les problèmes et les perspectives de la réglementation des Ntic au Cameroun. Ces outils ont un cadre réel qui doit néanmoins être adapté en fonction des évolutions technologiques. Dans un second article, il s’interroge sur la réforme du secteur des télécommunications, car le Cameroun, sans être en marge des conséquences de la grande toile, doit prendre en compte les urgences de sécurisation et des atteintes aux normes d’exploitation des réseaux.

Fegue analyse les stratégies des Ntic et leurs enjeux politiques : il y observe outre des querelles de chapelles, une recherche de leadership relativement aux contrôles de contenus aboutissant souvent aux relents pestilenciels de la gestion financière. Onguene Essono examine la place des Ntic dans la formation des jeunes. Dans son analyse, il note qu’au plan scolaire et académique, le bilan de quelques années d’utilisation des Ntic s’avère éloquent bien qu’insuffisant. Kouakam développe l’incontournable voie des ces outils pour assurer le développement du pays.

Eboussi voit en ces outils un nouvel espoir et met cependant en garde contre le somnambulisme des slogans des vendeurs d’illusions et de sommeil. L’importance de cette première livraison est également due à l’analyse que les hommes de terrain effectue sur la pratique des Ntic dans les secteurs : le ministre de la communication voudrait que chaque citoyen soit en mesure de collecter, d’organiser, d’archiver et d’exploiter l’information. Son collègue de la recherche souhaite voir l’Etat être présent avec pouvoir de blocage et d’orientation puisqu’il s’agit des points névralgiques. Le Directeur de la Télévision nationale encourage pourtant cette liberté de l’information qui permet. Par ces outils, la restitution de la liberté est facile et la circulation de la l’information se fait à la vitesse de la lumière.

La revue donne la parole aux responsables de forunisseurs d’accès Internet, aux directeurs de journaux et aux responsables des centres de formations. Tous sont unanimes pour le développement de l’Internet. Et déplorent l’augmentation des coûts de téléphone local qui prive de nombreux Camerounais de l’usage des Ntic et de leur ouverture sur l’extérieur. Relevons que la pression est forte pour une vulgarisation de ces outils et pour une amélioration des conditions de vie des citoyens désireux d’apprendre et d’étudier en autonomie, d’accéder aux sources d’informations crédibles et à une existence meilleure.

Une version sur cédérom est envisagée.

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