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Chine : étendre et partager la formation à distance en Afrique

Par Louis-Martin Essono , le 03 septembre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Depuis le 1er septembre, jour de la rentrée des millions de petits écoliers et de lycéens chinois, la République populaire de Chine accueille dans ses murs une vingtaine d’experts en formation à distance et de décideurs - Recteurs d’université, directeurs de centres de formation, responsables pédagogiques, directeurs de l’Administration centrale des ministères en charge de l’éducation, conseillers d’orientation et responsables de l’administration scolaire et universitaire - pour un atelier de formation et de réflexion sur la nécessité de la formation à distance et sur les récents et futurs développements, en réseau, de ce mode d’enseignement.

Les participants viennent essentiellement de l’Afrique anglophone, du BanglaDesh et du Cameroun, pays dans lesquels l’université ou l’école utilise ou envisage d’utiliser l’enseignement à distance en impliquant les Tic. Selon le communiqué, les participants travaillent en ateliers à l’ Université de Jilin. Ils y découvrent les nouvelles technologies éducatives chinoises et étrangères en EAD. Ils y observent également les méthodes d’élaboration d’un cours à distance et examinent les différents supports didactiques qui les accompagnent. Ils auront enfin des données importantes sur la sécurité Internet.

Les participants, qui présenteront la situation de la formation à distance dans leurs pays, auront à travailler à s’entraîner et surtout à construire, par des simulations, un environnement propice à la formation à distance chez eux pour lesquels ils réfléchiront sur l’élaboration d’une structure organique fondée sur le statut de ce mode d’enseignement.

Un aperçu de ce qu’offre l’université de Pékin a été présenté à travers une fructueuse et enrichissante visite au BUPT, l’Institut des postes et communications où les enseignements se donnent par le biais de l’Internet et du satellite. Thot reviendra sur la spécificité de la School of Network Education of BUPT.

L’enseignement à distance semble en effet interpeler de plus en plus les pays africains qui ploient sous le nombre de demandeurs en éducation. La création des sites, le renforcement des ressources pour le développement de la formation à distance constitueront l’un des noeuds majeurs de cette rencontre qui verra de nombreux intervenants et experts chinois en la matière. Déjà, le président de l’Université, qui ouvrait les travaux, a souhaité que les partenaires développent des stratégies contextualisées pour la formation à distance.

Un profil statutaire de la fàd pourra ainsi être dressé pour déterminer s’il existe des réseaux et des partenariats entre les différentes structures de formation à distance. Deux tables-rondes réunissant plusieurs panélistes seront organisées en milieu du séjour pour discuter de plusieurs points :

  • le statut de la formation à distance dans le pays ;
  • la création de réseau de formation à distance ;
  • les programmes de formation offerts aux apprenants ;
  • l’élaboration des programmes d’EAD.

C’est la sixième année que la Chine organise de telles assises. Si elles permettent de procéder à des comparaisons méthodologiques, ces rencontres offrent surtout l’avantage aux participants africains d’évaluer, de renouveler et d’approfondir leurs habiletés professionnelles. Il faut craindre pourtant, comme ce fut le cas jadis avec le Ciffad, de voir s’évanouir dans la nature les compétences nouvellement formées au cas où manquerait un suivi systématique de tous les personnels éducatifs et administratifs ayant eu à effectuer le voyage de Chine.

C’est pourquoi l’on peut apprécier que les organisateurs et les délégués gouvernementaux africains et du Bengladesh sollicitent solidairement l’établissement des partenariats pour des collaborations futures. Les mutations et l’instabilité professionnelle de ces personnels, la cooptation de nouveaux choix, le manque généralisé de politique nationale de formation à distance comptent parmi les obstacles qui nuisent à l’éclosion de telles assises qui offrent pourtant à l’Afrique, l’opportunité de saisir une autre chance pour instaurer, améliorer et développer la formation à distance. Les participants ont demandé avec force de voir se réaliser, pour plus d’efficacité que par le passé, la création effective et l’animation d’un site sur la formation à distance.

Si une telle éventualité venait à se concrétiser, il sera utile d’exploiter les erreurs d’autrefois aussi bien pour la création d’un réseau quand on connaît le sort réservé à l’Asaffad, mort-né et aux différents sites sur la formation à distance. Les problèmes de financement et de subvention, d’utilisation de ces fonds, de collaboration avec des structures identiques et parfois concurrentes pourraient entraver l’aboutissement de tous ces voeux.

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