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Distribution de cours en ligne à partir d’institutions locales : la bonne formule***

Par Denys Lamontagne , le 07 novembre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Selon une analyse de Eduventures « Consumer Demand for Online Higher Education», portant sur 2 000 personnes planifiant de suivre une formation, la plupart des personnes montrent toujours une préférence pour un campus local, au moins dans la même région ou état où ils vivent...

Quand ils ont le choix, les étudiants choisissent donc prioritairement une institution d’abord dans leur langue et dans leur région, puis dans leur pays, puis dans un pays culturellement proche, en s’éloignant graduellement jusqu’au saut de langue constituant la barrière ultime franchie par très peu d’étudiants.

Localisation

Ce qui nous donne une précieuse indication sur le marketing des cours en ligne : la localisation. On parle essentiellement ici de l’administration et du contrôle du cours.

Le premier niveau de localisation est un répondant local, qui recommande un cours et en reconnaîtra la certification, jusqu’à l’intégrer à son propre diplôme.

«Cours de l’Université de Rennes reconnu par l’Université de Genève» «Cours du Centre professionnel d’informatique recommandé et reconnu par le Service des ressources humaines de la Banque populaire du Sud-Ouest»

Quelques exemples :

  • les Jedlets, distribués par plusieurs institutions publiques;
  • les cours de différents regroupements universitaires comme l’ UVPL ou Envam

Ainsi les inscriptions et les paiements sont pris par une institution éloignée ou communautaire, dans le cadre d’une entente officielle comportant habituellement une réciprocité ou une ristourne en argent (entre 20 et 50 %).

Chaque institution peut ainsi augmenter son offre de cours de qualité, surtout dans les domaines qui ne sont pas de sa spécialité où qui sont communs à beaucoup d’institutions.

Le second niveau de loalisation est un cours administré au niveau local et dont les droits sont externes à l’institution mais la certification assurée par l’institution. Les inscriptions sont alors prises au niveau local et, selon les ententes, une ristourne peut être versée au propriétaire des droits. La mise à jour est assurée par le propriétaire original du cours.

«Cours du MIT offert par l’Université de Drummond» «Certification MicroX offerte sur le campus de Bordeaux»

Différents exemples de partenariats public-privé (Sun, HP, Microsoft) avec des universités sont bâtis sous cette formule.

Un niveau plus avancé de localisation serait celui où les droits d’un cours sont achetés. Ainsi il est possible de «localiser» le cours au goût des nouveaux propriétaires, dans le respect d’une reconnaissance élargie.

Cette formule est éventuelle dans le cas de cours faisant l’objet de conventions de certification et de conformité.

«Cours reconnu par l’Organisation mondiale des douanes offert par le Collège de Mericou» «Cours de photographie Reuters offert à l’Université des Arts et métiers»

Étendre le marché de ses cours

Récemment l’industrie de la télé américaine a constaté que ses revenus directs liés à la diffusion d’émissions étaient en constante diminution, fragmentation de l’auditoire oblige, cependant ses revenus de revente d’émissions à l’étranger fracassaient tous les records, au point de modifier toute leur stratégie et d’axer la réalisation vers des émissions de grande qualité plutôt qu’en quantité mais médiocres et peu exportables.

La même logique s’applique aux cours à distance : des cours de grande qualité trouveront plus d’institutions preneuses et seront difficiles à concurrencer localement.

D’où une distribution localisée pour des cours de grande qualité mais externes.

Stratégie

Il va de soi qu’une telle stratégie se bâtit d’abord sur un marché propre consistant et sur de réelles possibilités de distribution, une structure ouverte à accepter les cours produits par d’autres.

L’organisation du mode de production est fondamental dans ce contexte: XML et une formalisation pouvant être intégrée à virtuellement toutes les organisations et tous les formats, de l’écran d’iPod ou de téléphone à la plate-forme propriétaire ou Open source; la distribution et le format sont une affaire locale.

Bref, si les cours distribués par d’autres institutions sont pour le moment rares, il semble que les technologies pour y parvenir soient déjà en place mais que seule la formule n’ait pas encore été trouvée.

Si les individus sont capables d’utiliser plusieurs technologies concurremment, on peut parier que les institutions et les professeurs ne s’en priveront pas non plus; le paradigme de la plate-forme unique et universelle ne se justifie pas pratiquement.

Un programme de formation sera visiblement plus un lieu d’intégration et d’échange de beaucoup de matériel, de cours et d’idées qu’une présentation traditionnelle fixe d’un ensemble de cours plus ou moins liés. Différents cours de plusieurs institutions peuvent s’intégrer dans de tels lieux d’animation.

Alors, il serait peut-être temps de cesser de concevoir des cours comme à distribution unique et propriétaire et au contraire de viser leur diffusion par d’autres institutions; autrement dit de viser le marché des institutions en plus de celui des individus.

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