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L’Afrique : de la fracture numérique aux perspectives numériques

Par Louis-Martin Essono , le 13 novembre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La publication, qui a été conçue lors de la dernière phase du SMSI de Genève 2003 a été présentée dans le cadre de Tunis 2005. L’imposant ouvrage comporte trois volets :

  • l’index des perspectives offertes par les Tic, dérivé du cadre conceptuel et du modèle de l’info-état ;
  • des analyses régionales détaillées axées sur les politiques et portant sur divers pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latines et des caraïbes ;
  • la place des femmes dans la société de l’information, sur la base d’études quantitatives et qualitatives de la fracture numérique entre les hommes et les femmes.

C’est le chapitre 5 de l’ouvrage (pp.57-134) qui sera présenté, car il porte sur les perspectives régionales et met à profit le potentiel d’analyse du modèle afin d’aller au-delà de simples statistiques et de trouver des réponses aux questions vitales du pourquoi. Entreprise pour plusieurs pays du Tiers-Monde, l’analyse de l’évolution de l’info-état, de ses composantes, et des différentes Tic dans chaque pays vise à identifier des influences causales précises et les corrélations avec les politiques, les environnements réglementaires ou les stratégies commerciales.

Huit pays africains ont été choisis : l’Afrique du Sud, le Cameroun, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, l’Ouganda, le Sénégal et la Zambie. A. Gilwald, l’auteur de l’article, (p. 58) établit que cette section passe en revue le développement de l’info-état entre 1995 et 2003. Grâce à un engagement politique de son Gouvernement à offrir un accès abordable pour tous les citoyens, l’Afrique du Sud, en dépit d’une répartition favorable pour la population blanche, se démarque par sa stature considérablement élevée relativement aux autres qui présentent un statut assez homogène.

La Zambie, elle, affiche un info-état voisin du quart de celui de l’Afrique du Sud, mais fonctionnant sur une base plus élevée que dans la plupart des autres pays. L’info-état kenyan figurait parmi les plus faibles. Mais des efforts, dus à l’invasion du téléphone portable, ont été enregistrés tout comme l’apport de la société civile qui a contribué à sensibiliser les consommateurs aux nouvelles applications des télécoms. Le Sénégal a connu une forte explosion, son info-état étant passé de 4,1 pts en 1995 à 31 pts en 2003. Ce progrès provient de la réforme du secteur des télécoms et de la libéralisation du secteur, mais surtout à la e-Sénégal et à des structures réglementaires placées sous la tutelle de la Présidence de la république.

Le Cameroun présente un info-état régulier depuis 1998, mais inférieur à celui du Sénégal. En attendant la libéralisation des télécoms, on connaît une autorité réglementaire faible et inefficace (p.61) en dépit des signes encourageants comme la pose d’un câble optique de 1000 km.

L’Ouganda malgré une volonté politique affirmée, a connu une médiocre croissance. L’introduction du mobile a constitué le seul sursaut majeur de la courbe de croissance. Si la bande passante par V-Sat est 30 fois plus chère que dans les pays du Nord, un organisme fédérateur national a introduit un programme d’accès universel.

Les performances ghanéennes sont régulières et non spectaculaires même si la politique du pays est de promouvoir une augmentation considérable du nombre de lignes téléphoniques. Mais la plus grande déception provient des contrats avec les prestataires extérieurs, des ingérences politiques et de l’impuissance des organismes réglementaires. L’Ethiopie demeure, à date, l’info-état le plus bas du monde qui n’a pas encore entrepris, p.62, les réformes néolibérales orthodoxes observées ailleurs. Malgré une forte population et un faible PIB, l’Éthiopie cimente le scepticisme à l’égard de sa capacité à offrir des services de télécom efficaces.

L’ouvrage Digital Review of Asia Pacific est disponible en ligne et en anglais.

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