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Blogs et trolls : le bras de fer. Comment bien s'en sortir.

Par Christine Vaufrey B , le 20 novembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 21 avril 2015

Selon Wikipedia« on utilise le terme troll pour désigner, sur un espace de discussion (de type forum, newsgroup ou wiki), un utilisateur qui cherche à créer une polémique en provoquant les participants.

Par métonymie, on parle de troll pour un message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou est excessivement provocateur, sans chercher à être constructif, ou auquel on ne veut pas répondre et que l’on tente de discréditer en le nommant ainsi ».

Le troll n’est pas un phénomène nouveau dans l’univers du web, comme en témoigne l’excellent « trollomètre », ou méthode pour devenir un parfait troll, publié voici déjà quelques années.

Bloguer, est-ce se faire agresser ?

Eric Dupin, auteur du blog "Presse-citron" consacré aux nouvelles technologies, a souhaité fermer provisoirement son blog, en réaction aux commentaires agressifs qui semblent l’avoir beaucoup affecté. L’article dans lequel il fait part de cette décision a donné lieu à 500 commentaires avant qu’E. Dupin n’y mette un terme. La lecture de ces commentaires est en elle-même une excellente démonstration du problème :  les critiques personnelles et gratuites, les moqueries, les déni de légitimité, les accusations de nombrilisme… pleuvent, mêlées à un nombre heureusement encore plus grand d’encouragements et de marques de sympathie.

Plus tôt dans l’année, André Gunthert avait fait part d’une décision similaire, provoquée par les mêmes désagréments : ayant accepté l’invitation du quotidien "20 minutes" à tenir un blog hébergé par l’édition numérique de ce journal, il avait déclaré forfait après 2 mois d’expérimentation, effrayé par la virulence de certains commentaires, et avait préféré se cantonner à son blog universitaire, qui attire un public apparemment moins enclin à la pratique du troll.

La question de la participation

À l’heure où les blogs deviennent des sources d’information aussi (voire d’avantage) consultées que les sites de presse, la question du rapport entre billets et commentaires devient cruciale. C’est ici la question de la participation qui est posée, comme l’exprime brillamment un article en deux parties (ici et  ) posté sur le blog "Novovision".

En effet, « le droit d’expression n’est pas le droit de tribune », et nombre de blogueurs se voient presque voler la vedette par les commentateurs qui n’hésitent pas à céder à l’outrance et à dénaturer les propos des auteurs pour se faire remarquer.

Face à ce phénomène, les blogueurs se trouvent démunis. Certains proposent des conseils (par exemple : Cinq astuces pour gérer les trolls sur son blog). Néanmoins, on conçoit facilement que le désir et le plaisir de communiquer, puis d’acquérir de l’audience, soit refroidi par ce qu’il faut bien appeler une totale absence de reconnaissance et un mépris absolu.

L’apprentissage de la publication et du dialogue

Ce qui nous mène à nous interroger sur l’acte-même de publication, que l’on adopte le point de vue du blogueur ou celui du commentateur. La fonction « commentaires » qui a fait le succès des blogs et, plus généralement, la facilité d’usage des outils de publication sur le web ont ouvert une boîte de Pandore : celle où s’entrechoquent les questions de la responsabilité de l’auteur, de la nécessité (ou pas) de filtres et de critères qualité, de la reconnaissance attendue, de l’exposition vs l’exhibition, de la civilité et de la capacité à bâtir le dialogue.

Les blogs apparaissent aujourd’hui comme des espaces où se construit en direct, et parfois dans la douleur, une nouvelle pratique d’expression collective. Car un blog n’est pas grand chose sans ses commentaires, mais un blog, même excellent, peut mourir de ses commentaires.

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