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La tradition des classes d’élèves fondées sur l’âge... en transition vers celles fondées sur les habiletés maîtrisées.

Par Denys Lamontagne , le 12 août 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 20 août 2010

Devant des résultats désastreux à tous points de vue (financiers, fréquentation,résultats aux examens d’état), le Kansas City School System a décidé de modifier radicalement son dispositif de passage dans la classe supérieure : plutôt que de faire passer, mécaniquement, ses 17 000 élèves d'une classe à l'autre en fin d'année en fonction de leur âge (ce passage en classe supérieure au bénéfice de l'âge étant répandu partout dans le monde, admettons-le), les resonsables de ce district scolaire ont décidé d'adopter un système de validation fondé sur la maîtrise de compétences. Dans une situation désespérée, on devient plus ouvert, surtout après avoir enregistré un échec retentissant avec un programme de déségrégation de 2 milliards de dollars qui n’a pas freiné l’exode des étudiants vers d’autres écoles ni amélioré leurs résultats. Avec plus de 85 % d'élèves de minorités et 80 % d'élèves éligiles aux repas gratuits, ce district scolaire n'est pas dans une situation confortable.

Fait remarquable, le choix de cette approche pédagogique n’est pas fondé sur une nouvelle théorie, il s’appuie sur des expériences menées depuis des années qui, devant les résultats positifs obtenus et l’expertise développée, se développent un peu partout.  Entre autres, le district scolaire de Denver (10 000 étudiants) l’a déjà implanté, ainsi que six districts de l'état du Maine (11 000 étudiants).

En effet, non seulement cette approche réduit radicalement les problèmes de discipline car les étudiants avancés ne s’ennuient pas et ceux en difficulté ne sont pas frustrés, non seulement les résultats des élèves aux examens d’état sont de l’ordre de 90 % de réussite, mais les parents en sont aussi satisfaits que les professeurs l'ayant expérimentée. ces derniers ne désirent absolument pas retourner en arrière, spécialement s’ils ont connu l’ancien système. Les professeurs sont donc les plus ardents défenseurs de cette approche, une fois qu’ils l’ont expérimentée.

En quoi cela consiste t-il?

Plutôt que de simplement faire changer les élèves de classe à mesure qu’ils vieillissent ou selon le temps qu’ils ont passé assis sur une chaise, les élèves sont groupés par habiletés maîtrisées. Une fois qu’ils maîtrisent un sujet, ils passent au niveau suivant. La note minimale acceptable pour changer de niveau est l'équivalent d’un B (de 13 à 15 sur 20). Ce dispositif est instauré dès les classes primaires, et s'étend aux niveaux supérieurs à mesure que les élèves avancent.

Le système évite d'étiqueter les étudiants selon leurs échecs. Vous n’avez pas d’échec, vous progressez simplement à votre rythme et résolvez vos difficultés les unes après les autres.

Les étudiants deviennent très conscients de ce dont ils ont besoin, savent porter leurs efforts là où il le feut et ceux qui ont compris sont disponibles pour aider les autres.  Les professeurs apprécient la qualité d'écoute de leurs élèves, bien meilleure que dans une classe traditionnelle.

Le principal problème est celui de la programmation; en effet il arrive qu’il se crée des goulots d’engorgement à certaines étapes, ce qui nécessite toutes sortes d’ajustements. Ces problèmes peuvent s’estomper après quelques sessions mais sont bien réels dans les débuts.

L’implantation implique évidemment l’engagement clair des autorités, la formation et l’animation des professeurs et les rencontres et les explications aux parents, qui attendront évidemment des résultats.

Certaines traditions ont besoin d’être modernisées...

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