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Les solutions alternatives contre l'infobésité

Du côté technologique comme humain, des remèdes existent pour traiter la surcharge informationnelle

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 21 avril 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 16 avril 2015

L'infobésité est le terme québécois qui désigne la surcharge d'information (information overload en anglais). Elle décrit la situation d'abondance d'information, mais aussi d'incapacité d’assimilation et de réemploi de l’information, pour l’individu et pour l’organisation, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la productivité et l’efficacité.

Dans un article paru sur le blog Culture & TIC déjà en 2005, Olivier Thiebaut parlait de l'infobésité comme étant le mal de la société de l'information et le décrivait comme suit : « Qui ne s’est jamais perdu dans la profusion de ses favoris Internet ? N’a jamais téléchargé en cas de besoin, des études, rapports et autres livres blancs finalement jamais lus ? Recherché sur son disque dur un contenu "mis de côté" sans se souvenir où ni sous quelle forme (mél, document Word, PDF, page html, fichier multimédia) ? Rebondis indéfiniment de thématique en thématique au cours d’une séance de veille et été asphyxié par les résultats proposés par un moteur de recherche… ? »

Ce sujet suscite beaucoup d'intérêt sur la Toile au point qu'il met aux prises deux tendances. L'une qui reconnaît l'existence du phénomène et l'autre qui pointe une exagération. Dans la droite ligne de la première tendance, le cabinet Basex a estimé que la surinformation coûte près de 900 milliards de dollars US aux entreprises. Le site de Basex propose même un calculateur d'infobésité en ligne.

Un formulaire simple à renseigner : votre secteur d'activité, le nombre total d'employés, leur classement en fonction de leur degré de compétence. Puis ce mystérieux calculateur vous renvoie une estimation du coût de la surcharge informationnelle pour votre entreprise. En arrière-plan de ce calculateur, se trouve naturellement une stratégie promotionnelle des services dudit cabinet à telle enseigne qu'on peut douter de la sincérité de cet outil.

Quoiqu'il en soit, deux catégories de réponse sont proposées pour faire face à l'infobésité : les remèdes du côté de la technologie et les stratégies à adopter par les personnes.

Les solutions technologiques

Partant du fait que la problématique de l'infobésité consiste à réduire les informations inutiles au profit de celles qui sont pertinentes, des techniques de filtrage sont suggérées voire souhaitées :

  • Les métadonnées sont des données spécialisées dans la description des contenus. Leur prise en compte systématique par les moteurs de recherche permettra de trier intelligemment les données et d'écarter les informations parasites.
  • Les agents intelligents sont des robots autonomes préférables aux moteurs de recherche en ce qu'ils savent filtrer l’information et s'adapter aux préférences, à la langue, et au niveau de connaissances de l'utilisateur.
  • Le text-mining ou fouille de textes permet d'extraire les principales tendances et de répertorier de manière statistique les différents sujets évoqués dans les textes volumineux, qui doit être sous une forme numérique. Des applications de text-mining existent.
  • La cartographie permet une représentation claire et synthétique de l’information sous forme de carte et met en évidence les faits majeurs.
  • Le filtrage social s'appuie sur des outils collaboratifs qui font ressortir les informations les plus pertinentes de l'avis de la communauté.
  • La taxinomie se réfère au classement qui a ses bases, ses principes, ses règles et ses méthodes. Le monde du classement propose une explication simple et pratique de la taxinomie.
  • Les solutions d'aggrégation comme CloseToShop qui regroupent et résument tous les courriels dans un seul et permettent d'un coup d'oeil de répérer et consulter les plus pertinents du moment, une fois par jour.


Les solutions individuelles

Il faut se le dire, le facteur humain est capital dans la lutte contre l'infobésité. La bonne vieille méthode préconisée est celle de l'organisation personnelle. Martine Bigot suggère d'adopter une conduite pour soi-même vis-à-vis des autres

S'agissant des flots de messages, elle souligne utilement qu'« il n’est pas nécessaire de lire un message ou de répondre à un courriel dès son arrivée. Certains prévoient des périodes déterminées dans la journée - le matin ou en fin d’après-midi par exemple. Il est permis de ne pas être branché pendant 24 heures et 7 jours sur 7! Pour faire face au sentiment d’urgence permanente, choisissons les moments où l’on reçoit, traite et utilise la messagerie ».

La solution la plus efficace est sans contredit la maîtrise des habiletés informationnelles. Jean-Paul Pinte, expert en veille informationnelle, insiste là-dessus sur son blog. La culture informationnelle est requise de tous mais aussi et surtout des étudiants dans l'environnement d'information de masse, d'infobésité et de sérenpidité.

Elle se résume ainsi : « se poser les bonnes questions, identifier les experts ou émetteurs d’information, évaluer, analyser, synthétiser et organiser la nouvelle information avec la connaissance existante, communiquer efficacement et créativement les nouvelles connaissances ».

Crédit photo : zipckr, Flickr, licence CC.

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