Dossier de la semaine

Jeu sérieux, maintenant

Au sommet d’une pratique, on trouve une forme de légèreté amusée, quasi incompatible avec toute attitude sérieuse. L’attention n’est plus monopolisée par la technique; l’esprit du jeu peut alors s’épanouir.  Quand on parle de jeu sérieux, en entend surtout «jeu» dont l’aspect sérieux concerne un motif professionnel plus qu’une attitude.  On joue de façon concentrée, dans un but professionnel, mais on joue !  Pas besoin d’être compliqué pour s’amuser, mais dans le jeu sérieux le but de l’apprentissage demeure le fil conducteur suivi; ce but donne sa raison d’être au mot «sérieux».

Le potentiel des jeux sérieux se trouve décuplé par la réalité virtuelle, augmentée ou pervasive. On y sera tous immergés un jour ou l’autre, même dans les foyers pour personnes âgées; autant mieux se faire à l’idée.  

Un de ces jeux pourrait être au summum technologique et pourtant être ennuyant s’il ne comportait une dose d’imprévisibilité et de surprise constamment renouvelée; la surprise constitue même un ingrédient essentiel de l’apprentissage; dans le monde surréaliste elle est même recherchée.

Depuis toujours les enfants jouent, ils jouent à ce qu’ils appréhendent du monde et les jeux de guerre ont longtemps fait partie du menu. Aujourd’hui on leur en suggère en haute définition mais sont-ce bien leurs jeux où ceux des adultes ? Ces jeux sont-ils des exutoires ou des incitatifs ? Leurs effets ne sont pas neutres. Nous avons un rôle éducatif à assumer ici aussi.

Denys Lamontagne - [email protected]

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