Dossier de la semaine

Nature proche

Pierre n’a plus aucune chance de ne jamais affronter un loup, ni non plus le Chaperon rouge de le rencontrer. Le loup et la plupart des animaux sauvages sont maintenant circonscrits dans des lieux très éloignés ou aux accès réglementés.  Loin des yeux, loin de l’imagination.

On ne peut s’empêcher de faire un lien entre la surveillance quasi constante des enfants et le fait que l’attention de ceux-ci ne soit plus mobilisée vers leur environnement, ses imprévus et ses «dangers».  L'attitude surprotectrice induit l’impression que l’environnement est dangereux et qu’il est difficile d’y faire face; une impression d’incapacité et un sentiment d’angoisse est généré dès qu’on s’éloigne de l’aire sous surveillance. Plusieurs n’hésitent pas à faire un lien entre le déficit d’attention et le «déficit de nature», devenu bien réel chez la majorité urbanisée.

Nos rapports avec la nature se transforment parallèlement avec la progression de l’ensemble des technologies. Le GPS n’est que l’une d’elles qui, couplé avec un téléphone, connecté ou non, permet de situer chaque espèce vivante dans son environnement et d'enrichir collectivement la banque de données à chacune de nos observations. La nature a tant à nous apprendre.

Nos connaissances vont en augmentant mais nos expériences ressenties diminuent d’autant. L’attitude de celui qui prend une photo n’est pas celle de celui qui vit l’expérience, qui en fait partie. Autrefois on rêvait de s’extraire des contraintes de la nature, aujourd’hui on rêve d’y retrouver une partie brute de nous-même.  On veut ramener la nature en ville, au travail, dans nos cuisines, à l’école…  commençons donc par l’école !  Que diriez-vous d’une cour avec un potager, de la terre et des vers, d'une mare aux grenouilles, avec des quenouilles et de la boue ?

Denys Lamontagne   -  [email protected]

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