Dossiers de la semaine

Données des étudiants

On enregistre spontanément des données : sur nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nos animaux, nos clients, nos étudiants, nos professeurs, en fait, sur tout ce avec quoi on entre en relation. Cela participe apparemment à la conscience et au fait même d’exister. Une personne Alzheimer perd ses capacités dans la mesure où elle cesse d’enregistrer ou de pouvoir récupérer ses enregistrements, ce qui revient à peu près au même.

Ce qui change avec le numérique est le fait de pouvoir concentrer et manipuler des données à des échelles jamais vues et au-delà de la capacité de traitement de quiconque.  Lire un million de dossiers pour y déceler les similitudes, les différences ou les anomalies est difficilement réalisable pour un humain alors qu’une machine peut le faire en quelques heures, minutes ou secondes avec précision et pertinence, sans fatigue.

Les données sont la matière première nécessaire aux analyses et décisions. Celles des étudiants représentent une valeur autant pour les individus que pour les institutions.  Elles peuvent servir à adapter la formation, à améliorer l’enseignement, à s’ajuster, à prioriser, à personnaliser, à affirmer, etc, Mais, comme le soulignent plusieurs de nos rédacteurs, elles peuvent aussi servir à justifier des décisions aberrantes ou à stigmatiser des individus à qui aucune alternative décente n’est offerte. Certaines sont même plus difficiles à effacer qu’un tatouage. Le tatouage nous rappelle d’ailleurs que les données peuvent aussi devenir une expression esthétique ou symbolique.

L’organisation sociale s’est toujours basée sur sa capacité à administrer des données : la tribu était limitée par l’oralité. Les villes et les gouvernements sont apparus avec la maîtrise de l’écriture. L’organisation industrielle a augmenté sa capacité à créer et manipuler des quantités toujours plus grandes de données.  Nous entrons dans une nouvelle ère et des questions se posent quant à l’accès aux capacités de traitement et aux ressources à mobiliser pour acquérir et traiter ces données. Pour ces raisons, on s’en tient nécessairement aux activités profitables; reste à bien définir au profit de qui, surtout en éducation.

Denys Lamontagne - [email protected]
Éditeur de Thot Cursus

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Données des étudiants - Thot Cursus

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On enregistre spontanément des données : sur nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nos animaux, nos clients, nos étudiants, nos professeurs, en fait, sur tout ce avec quoi on entre en relation. Cela participe apparemment à la conscience et au fait même d’exister. Une personne Alzheimer perd ses capacités dans la mesure où elle cesse d’enregistrer ou de pouvoir récupérer ses enregistrements, ce qui revient à peu près au même.

Ce qui change avec le numérique est le fait de pouvoir concentrer et manipuler des données à des échelles jamais vues et au-delà de la capacité de traitement de quiconque.  Lire un million de dossiers pour y déceler les similitudes, les différences ou les anomalies est difficilement réalisable pour un humain alors qu’une machine peut le faire en quelques heures, minutes ou secondes avec précision et pertinence, sans fatigue.

Les données sont la matière première nécessaire aux analyses et décisions. Celles des étudiants représentent une valeur autant pour les individus que pour les institutions.  Elles peuvent servir à adapter la formation, à améliorer l’enseignement, à s’ajuster, à prioriser, à personnaliser, à affirmer, etc, Mais, comme le soulignent plusieurs de nos rédacteurs, elles peuvent aussi servir à justifier des décisions aberrantes ou à stigmatiser des individus à qui aucune alternative décente n’est offerte. Certaines sont même plus difficiles à effacer qu’un tatouage. Le tatouage nous rappelle d’ailleurs que les données peuvent aussi devenir une expression esthétique ou symbolique.

L’organisation sociale s’est toujours basée sur sa capacité à administrer des données : la tribu était limitée par l’oralité. Les villes et les gouvernements sont apparus avec la maîtrise de l’écriture. L’organisation industrielle a augmenté sa capacité à créer et manipuler des quantités toujours plus grandes de données.  Nous entrons dans une nouvelle ère et des questions se posent quant à l’accès aux capacités de traitement et aux ressources à mobiliser pour acquérir et traiter ces données. Pour ces raisons, on s’en tient nécessairement aux activités profitables; reste à bien définir au profit de qui, surtout en éducation.

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