Dossiers de la semaine

Écrire, coder, penser

On s'entend universellement sur le fait que savoir écrire contribue positivement à la civilisation. On peut prendre pratiquement tous les arguments vantant les bienfaits de l'écriture et les appliquer à la programmation : dans les deux cas, savoir écrire le code de communication permet une extension de nos capacités et d'influence sur le monde; le maîtriser ouvre la porte à la réalisation d'oeuvres utiles ou simplement pratiques ou agréables, diffusables et partageables.

L'informatique modifie nos sociétés, on peut en déduire que l'enseignement de la programmation peut aussi modifier nos institutions d'enseignement, bien plus profondément qu'on le soupçonne.  La programmation a le même potentiel de transformation du curriculum que l'apparition de l'écriture a eu sur les écoles.  L'écriture, c'est ce qu'on apprend en premier et c'est l'enseignement essentiel de l'école, avec les concepts mathématiques.  Rarement depuis 5 000 ans (apparition des premières écritures : 3 300 avant JC), un nouveau sujet d'apprentissage fondamental s'est-il ajouté pertinemment dans un curriculum de niveau primaire. Aujourd'hui il s'agit de la programmation, un langage conceptuel, de principe universel.

À la fois langage et système logique, l'apprentissage de la programmation forme les esprits à différentes manières de penser.  La programmation permet de donner corps à des idées et c'est ce que nous connaissons qui s'approche le plus d'une idée matérialisée.  Les bonnes programmations sont souples, s'adaptent et même se modifient dans le temps et leurs possibilités, comme celles de l'écriture ou de la musique, sont infinies.  Évidemment ceci bouleverse les pratiques traditionnelles; faire de la place à un nouvel enseignement signifie la régression de d'autres... le débat est ouvert et acharné, d'autant plus qu'il existe des centaines de langages de programmation et qu'aucun ne peut prétendre à l'universalité, comme pour les langues...

On touche aux fondements sociaux : nous ne sommes pas tous des écrivains, des compositeurs, des rédacteurs, des traducteurs, mais nous savons presque tous écrire. Nous ne serons pas tous des programmeurs, des codeurs, des architectes de systèmes, mais nous serons tous capables, ou presque, de comprendre le monde informatique qui nous sert, et de l'influencer.

<Bonne semaine />

Denys Lamontagne - Éditeur
[email protected]

Image : Technologic male profile - debra hughes - ShutterStock

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Écrire, coder, penser - Thot Cursus

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On s'entend universellement sur le fait que savoir écrire contribue positivement à la civilisation. On peut prendre pratiquement tous les arguments vantant les bienfaits de l'écriture et les appliquer à la programmation : dans les deux cas, savoir écrire le code de communication permet une extension de nos capacités et d'influence sur le monde; le maîtriser ouvre la porte à la réalisation d'oeuvres utiles ou simplement pratiques ou agréables, diffusables et partageables.

L'informatique modifie nos sociétés, on peut en déduire que l'enseignement de la programmation peut aussi modifier nos institutions d'enseignement, bien plus profondément qu'on le soupçonne.  La programmation a le même potentiel de transformation du curriculum que l'apparition de l'écriture a eu sur les écoles.  L'écriture, c'est ce qu'on apprend en premier et c'est l'enseignement essentiel de l'école, avec les concepts mathématiques.  Rarement depuis 5 000 ans (apparition des premières écritures : 3 300 avant JC), un nouveau sujet d'apprentissage fondamental s'est-il ajouté pertinemment dans un curriculum de niveau primaire. Aujourd'hui il s'agit de la programmation, un langage conceptuel, de principe universel.

À la fois langage et système logique, l'apprentissage de la programmation forme les esprits à différentes manières de penser.  La programmation permet de donner corps à des idées et c'est ce que nous connaissons qui s'approche le plus d'une idée matérialisée.  Les bonnes programmations sont souples, s'adaptent et même se modifient dans le temps et leurs possibilités, comme celles de l'écriture ou de la musique, sont infinies.  Évidemment ceci bouleverse les pratiques traditionnelles; faire de la place à un nouvel enseignement signifie la régression de d'autres... le débat est ouvert et acharné, d'autant plus qu'il existe des centaines de langages de programmation et qu'aucun ne peut prétendre à l'universalité, comme pour les langues...

On touche aux fondements sociaux : nous ne sommes pas tous des écrivains, des compositeurs, des rédacteurs, des traducteurs, mais nous savons presque tous écrire. Nous ne serons pas tous des programmeurs, des codeurs, des architectes de systèmes, mais nous serons tous capables, ou presque, de comprendre le monde informatique qui nous sert, et de l'influencer.

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