Dossiers de la semaine

Connaissances désuètes, vraiment ?

L'usage que l'on ne fait plus de quelque chose détermine sa désuétude, «ce qui est sorti des habitudes». Rien ne disparait totalement, y compris le latin ou le télégraphe, mais ils sont bien désuets.  On en retient les principes et les traces.

Changements rapides et technologies accaparantes fragmentent inexorablement le temps d'attention. Les statistiques de la plupart des sites d'information le démontrent : plus de visites, plus de pages vues, moins longtemps. Ce genre d'observation se retrouve dans bien d'autres domaines ou l'attention est en jeu : cinéma, télé, spectacle, .... et éducation.

Les enfants d'aujourd'hui voient les téléphones à cadran comme nous voyions les téléphones à manivelle : des reliquats d'une autre époque, à la différence près que ces reliquats se comptent maintenant par centaines.  Les vieux langages de programmation, Cobol, Fortran, Pascal, connaissent le même sort. À l'école, on retient le principe du calcul manuel, mais on se sert surtout d'une calculatrice. Les connaissances désuètes se multiplient.

Certaines pratiques connaissent pourtant une résurgence, comme la nouvelle popularité de l'agriculture urbaine; il en va ainsi pour les connaissances. Si on leur trouve de nouveaux usages ou si leurs qualités les rendent à nouveau intéressantes, elles se perpétuent ou renaissent, comme le tricot ou l'écriture cursive, dont on reconnait, dans les deux cas, les qualités de développement de la dextérité fine et aussi la «portabilité».

En somme, selon le contexte, toutes les connaissances peuvent trouver leur pertinence. Notre défi est de ne pas les oublier totalement. Ceux qui craignent que la numérisation mette en péril la conservation des données à long terme ont sans doute raison, mais d'un autre coté cette numérisation permet une diffusion sans précédent et garde vivantes des connaissances qui seraient autrement tombées dans l'oubli. Des connaissances vivantes sont la meilleure garantie de conservation : elles se transmettent.

L'éducation s'occupe de la transmission des connaissances. Internet nous y aide. On peut tout apprendre, certes, mais on a pas à apprendre tous les mêmes choses tout le temps.
 

Denys Lamontagne - [email protected]
Éditeur de Thot Cursus

Illustration : Carlos Gi - ShutterStock

Éléments du dossier

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Connaissances désuètes, vraiment ? - Thot Cursus

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Connaissances désuètes, vraiment ?

L'usage que l'on ne fait plus de quelque chose détermine sa désuétude, «ce qui est sorti des habitudes». Rien ne disparait totalement, y compris le latin ou le télégraphe, mais ils sont bien désuets.  On en retient les principes et les traces.

Changements rapides et technologies accaparantes fragmentent inexorablement le temps d'attention. Les statistiques de la plupart des sites d'information le démontrent : plus de visites, plus de pages vues, moins longtemps. Ce genre d'observation se retrouve dans bien d'autres domaines ou l'attention est en jeu : cinéma, télé, spectacle, .... et éducation.

Les enfants d'aujourd'hui voient les téléphones à cadran comme nous voyions les téléphones à manivelle : des reliquats d'une autre époque, à la différence près que ces reliquats se comptent maintenant par centaines.  Les vieux langages de programmation, Cobol, Fortran, Pascal, connaissent le même sort. À l'école, on retient le principe du calcul manuel, mais on se sert surtout d'une calculatrice. Les connaissances désuètes se multiplient.

Certaines pratiques connaissent pourtant une résurgence, comme la nouvelle popularité de l'agriculture urbaine; il en va ainsi pour les connaissances. Si on leur trouve de nouveaux usages ou si leurs qualités les rendent à nouveau intéressantes, elles se perpétuent ou renaissent, comme le tricot ou l'écriture cursive, dont on reconnait, dans les deux cas, les qualités de développement de la dextérité fine et aussi la «portabilité».

En somme, selon le contexte, toutes les connaissances peuvent trouver leur pertinence. Notre défi est de ne pas les oublier totalement. Ceux qui craignent que la numérisation mette en péril la conservation des données à long terme ont sans doute raison, mais d'un autre coté cette numérisation permet une diffusion sans précédent et garde vivantes des connaissances qui seraient autrement tombées dans l'oubli. Des connaissances vivantes sont la meilleure garantie de conservation : elles se transmettent.

L'éducation s'occupe de la transmission des connaissances. Internet nous y aide. On peut tout apprendre, certes, mais on a pas à apprendre tous les mêmes choses tout le temps.
 

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