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Plaisir de bouger

Quand nous trouvons plus de satisfaction à bouger qu’à demeurer immobile, nous bougeons. S’il y a plus de plaisir intellectuel, émotionnel ou social à jouer à des jeux vidéos, nous demeurons rivés aux écrans jusqu’à ce que l’épuisement ou d’autres contingences nous appellent.

Nous pouvons transcender la satisfaction brute et la transformer en buts pour lesquels nous sommes capables d’endurer l’enfer pour atteindre un walhalla de fierté. Les producteurs de jeux vidéos l’ont compris et nous proposent des buts et des progressions élaborées qui suppléent toute faiblesse éventuelle à se fixer ses propres buts : les leurs paraissent souvent même bien meilleurs !

Nos corps se sont développés comme des systèmes robustes, capables d’affronter des défis dont nous avons maintenant peine à imaginer l’envergure dans le confort de nos salons, de nos bureaux, de nos véhicules. Nous ne dormons plus sur de la paille. À la réalité brute et sans pitié, la réalité virtuelle offre des stocks de vies et nous fait miroiter qu’elle pourrait même s’interposer et nous assister dans notre conquête de l’immortalité et de l’univers matériel…

Ce corps nous rappelle à l’ordre : il a besoin de mouvement, de contacts, de sensations, de suer, de forcer, de se vider, de se remplir. Bouger l’aide même à mieux penser, à mieux se rappeler, à garder un meilleur moral et à vivre plus longtemps ! À défaut de raisons directes de bouger, comme scier du bois, chercher de l’eau, des raisons sociales se développent : le culte du corps n’est pas nouveau, mais il s’est étendu.

La vie s’adapte et l’intégration du virtuel dans nos vies entraîne clairement des modifications biologiques, jusque dans nos tissus. Affronter un loup, un ours ou un tigre est une réalité que nous avons éliminé de nos environnements. Affronter la chaleur, le froid, la soif ou la faim deviennent des événements exceptionnels. Les capacités de nos corps s’orientent vers d’autres fonctions, dont celles proposées par le sport ou la danse.

La satisfaction de bouger demeure bien réelle.

Denys Lamontagne - [email protected]

Photo : Jett Loe - Visualhunt.com /  CC BY-NC-ND

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Plaisir de bouger - Thot Cursus

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Plaisir de bouger

Quand nous trouvons plus de satisfaction à bouger qu’à demeurer immobile, nous bougeons. S’il y a plus de plaisir intellectuel, émotionnel ou social à jouer à des jeux vidéos, nous demeurons rivés aux écrans jusqu’à ce que l’épuisement ou d’autres contingences nous appellent.

Nous pouvons transcender la satisfaction brute et la transformer en buts pour lesquels nous sommes capables d’endurer l’enfer pour atteindre un walhalla de fierté. Les producteurs de jeux vidéos l’ont compris et nous proposent des buts et des progressions élaborées qui suppléent toute faiblesse éventuelle à se fixer ses propres buts : les leurs paraissent souvent même bien meilleurs !

Nos corps se sont développés comme des systèmes robustes, capables d’affronter des défis dont nous avons maintenant peine à imaginer l’envergure dans le confort de nos salons, de nos bureaux, de nos véhicules. Nous ne dormons plus sur de la paille. À la réalité brute et sans pitié, la réalité virtuelle offre des stocks de vies et nous fait miroiter qu’elle pourrait même s’interposer et nous assister dans notre conquête de l’immortalité et de l’univers matériel…

Ce corps nous rappelle à l’ordre : il a besoin de mouvement, de contacts, de sensations, de suer, de forcer, de se vider, de se remplir. Bouger l’aide même à mieux penser, à mieux se rappeler, à garder un meilleur moral et à vivre plus longtemps ! À défaut de raisons directes de bouger, comme scier du bois, chercher de l’eau, des raisons sociales se développent : le culte du corps n’est pas nouveau, mais il s’est étendu.

La vie s’adapte et l’intégration du virtuel dans nos vies entraîne clairement des modifications biologiques, jusque dans nos tissus. Affronter un loup, un ours ou un tigre est une réalité que nous avons éliminé de nos environnements. Affronter la chaleur, le froid, la soif ou la faim deviennent des événements exceptionnels. Les capacités de nos corps s’orientent vers d’autres fonctions, dont celles proposées par le sport ou la danse.

La satisfaction de bouger demeure bien réelle.

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Photo : Jett Loe - Visualhunt.com /  CC BY-NC-ND

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