Dossiers de la semaine

Coté nature

Plus de 70 % des gens dans les pays développés vivent en ville, et cette tendance à l'urbanisation s'étend à toutes les sociétés pour peu que la modernité les gagne. Plus les transports deviennent accessibles, plus le drainage des populations vers les grands centres s'accélère.

Autant dire que l'expérience «nature» des individus se résume le plus souvent à quelques jours de vacances dans des environnements contrôlés et à la visite de parcs urbains, de jardins ou de zoo. Plus largement, le «déficit de nature» est un fait associé à l'explosion des problèmes de santé et de comportement chez les jeunes. Ils passent de moins en moins de temps dehors sans parler de leur absence d'expérience concrète de la nature sauvage, ne serait-ce qu'une marche libre en forêt avec tous ses «dangers», se baigner dans un lac non aménagé ou d'avoir vu de leurs yeux la Voie lactée.

Comme rédacteur qui a passé ses vacances en pleine nature sauvage puis à la campagne, puis qui s'est ensuite tapé une grosse dose d'Internet, l'effet s'est avéré paradoxal et un brin déprimant. La nature proche est splendide mais nulle part je ne l'ai trouvée épargnée par les agressions mécaniques et technologiques. Certains lieux récupèrent de la barbarie passée mais partout la pression humaine est palpable même si elle est souvent mieux canalisée. Le constat trouvé dans Internet est plus sombre à l'échelle planétaire, mais on en prend conscience.

Ce qui m'a le plus frappé durant ces vacances est la quasi débilité, dans le sens d'une ignorance profonde, d'une insécurité ridicule et d'une impuissance généralisée, de la plupart de mes contemporains et en particulier des jeunes, face à une nature sauvage somme toute inoffensive et surtout vivante mais dont ils se sentent étrangers et qui ne leur sert plus que de fond de scène. Pourtant nous sommes du même tissu autant biologique que spirituel, avec le même désir de survie, de craintes et de plaisir.

Conséquemment on se questionne sur nos actions effectives : Thot Cursus est intimement Internet, «Formation et culture numérique», et nous ajoutons nous aussi au déficit de nature par l'attention que nous réclamons. Que nous fermions boutique n'y changerait sans doute pas grand chose... alors que faisons-nous ?  Internet comme outil mais pas comme occupation; le tout est apparemment une question d'équilibre et d'orientation. Une culture saine compte nécessairement une bonne part de nature.

Dans ce numéro «nature», on y aborde l'état de notre environnement et diverses activités qu'il est possible de faire en rapport avec la nature : toujours branchés, mais enfin dehors. Allons-y !


Denys Lamontagne, directeur de Thot Cursus
[email protected]
En l'absence de Christine Vaufrey, en vacances !

Photo : Biogradska suma de Snežana Trifunović, CC

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Coté nature - Thot Cursus

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Coté nature

Plus de 70 % des gens dans les pays développés vivent en ville, et cette tendance à l'urbanisation s'étend à toutes les sociétés pour peu que la modernité les gagne. Plus les transports deviennent accessibles, plus le drainage des populations vers les grands centres s'accélère.

Autant dire que l'expérience «nature» des individus se résume le plus souvent à quelques jours de vacances dans des environnements contrôlés et à la visite de parcs urbains, de jardins ou de zoo. Plus largement, le «déficit de nature» est un fait associé à l'explosion des problèmes de santé et de comportement chez les jeunes. Ils passent de moins en moins de temps dehors sans parler de leur absence d'expérience concrète de la nature sauvage, ne serait-ce qu'une marche libre en forêt avec tous ses «dangers», se baigner dans un lac non aménagé ou d'avoir vu de leurs yeux la Voie lactée.

Comme rédacteur qui a passé ses vacances en pleine nature sauvage puis à la campagne, puis qui s'est ensuite tapé une grosse dose d'Internet, l'effet s'est avéré paradoxal et un brin déprimant. La nature proche est splendide mais nulle part je ne l'ai trouvée épargnée par les agressions mécaniques et technologiques. Certains lieux récupèrent de la barbarie passée mais partout la pression humaine est palpable même si elle est souvent mieux canalisée. Le constat trouvé dans Internet est plus sombre à l'échelle planétaire, mais on en prend conscience.

Ce qui m'a le plus frappé durant ces vacances est la quasi débilité, dans le sens d'une ignorance profonde, d'une insécurité ridicule et d'une impuissance généralisée, de la plupart de mes contemporains et en particulier des jeunes, face à une nature sauvage somme toute inoffensive et surtout vivante mais dont ils se sentent étrangers et qui ne leur sert plus que de fond de scène. Pourtant nous sommes du même tissu autant biologique que spirituel, avec le même désir de survie, de craintes et de plaisir.

Conséquemment on se questionne sur nos actions effectives : Thot Cursus est intimement Internet, «Formation et culture numérique», et nous ajoutons nous aussi au déficit de nature par l'attention que nous réclamons. Que nous fermions boutique n'y changerait sans doute pas grand chose... alors que faisons-nous ?  Internet comme outil mais pas comme occupation; le tout est apparemment une question d'équilibre et d'orientation. Une culture saine compte nécessairement une bonne part de nature.

Dans ce numéro «nature», on y aborde l'état de notre environnement et diverses activités qu'il est possible de faire en rapport avec la nature : toujours branchés, mais enfin dehors. Allons-y !


Denys Lamontagne, directeur de Thot Cursus
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En l'absence de Christine Vaufrey, en vacances !

Photo : Biogradska suma de Snežana Trifunović, CC

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