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Éducation en ligne : un ouvrage en mode d’emploi

le 22 septembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 01 avril 2013

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Coauteur avec M. Arnaud des espaces publics d’accès à Internet présenté dans Thot, l’auteur de L’accès au savoir en ligne est connu pour ses écrits sur les Tic et ses fonctions. J. Perriault assume les fonctions de président d’une commission responsable des normes et standards pour l’apprentissage en ligne. Prof. de sciences de l’information à Paris-10 Nanterre, il a publié La communication du savoir à distance, La logique de l’usage, Essai sur les machines à communiquer et Éducation et nouvelles technologies.

L’ouvrage de cette semaine date de novembre 2002. Il remet en cause certaines méthodologies de l’apprentissage en ligne. Dans un style dépouillé de tout métalangage, Perriault revient en six chapitres sur les notions fondamentales ayant abouti à l’apprentissage ou à la formation en ligne. Le chapitre 1 frappe par sa cruauté historique et la simplicité du langage qui l’expose. Internet apparaît comme un nouvel avatar d’une très longue histoire p. 35. Une histoire par laquelle l’Occident s’approprie la transmission des savoirs par les documents et les médias. Du télégraphe au câble sous-marin. Cet historique émerveille par la netteté des dates et l’évolution technique et technologique.

Le chapitre 2 porte sur le savoir en ligne. L’évolution technologique conduit les réseaux numériques à édicter des normes, à imposer des modèles universels (p. 61). Le savoir en ligne se perçoit donc comme un moyen pour résorber la fracture numérique et assurer la qualification de tous, malgré quelques invariants. L’auteur passe en revue les différentes activités importantes constitutives de l’offre en ligne, à l’exemple de thot ou de Onlineformapro, etc. Perriault aborde analytiquement l’historique et l’utilité des du filtrage d’information en ligne, les fonctions sous-utilisées, le nouveau type d’offre, les moteurs de recherches humains et les services à distances des bibliothèques. Il conclut ce très beau chapitre en analysant illustrativement les nouvelles présentations du savoir, la gestion des connaissances et les communautés de pratique.

On achèterait le livre pour ne pas manquer ce chapitre 3 consacré à la formation à distance et aux universités virtuelles. Se dessine le même schéma historique pour montrer que la période 1997-2001 reste dans l’histoire de l’Internet, celle de l’explosion de l’offre d’apprentissage en ligne. L’auteur décrypte ce mode d’enseignement en hachurant, à des fins explicatives, ses nouvelles exigences. Des exemples à la carte débouchent bien logiquement à la comparaison inévitable entre la formation à distance et les universités virtuelles. Des études de cas européens font établir une chronique du e-learning de 1997 à 2001. Un examen critique des plates-formes et des standards conduit à des propositions claires.

Le chapitre 4 montre comment les pratiques spontanées renforcent le sentiment de l’altérité et de la collectivité. L’auteur vérifie ses assertions en prenant trois exemples concernant les adultes inscrits en EAD, les formateurs appliquant la collaboration en ligne et les médiateurs de terrain. De ces enquêtes résulte le constat que Internet constitue un excellent révélateur des mouvements de profondeur de la société. Le chapitre 5 concerne le savoir-faire et les compétences qui choque aussi. « il n’est pas aisé de se servir d’Internet pour accéder au savoir ». Car, dit l’auteur, l’usage des réseaux numériques sollicite de nombreuses compétences variées que même les experts sont loin de posséder en totalité. Suit une nomenclature analytique de ces compétences avec les savoir-faire induits. Le dernier chapitre traite des politiques publiques sur la base des exemples de nombreux pays et un examen critique de chaque type de politique suivie.

Il est facile de comprendre que la fracture s’élargisse entre le Nord et le Sud. Ici, il est difficile de voir l’Autorité publique s’engager sur une décision si celle-ci ne lui apporte pas de fruits immédiats. Là-bas, l’exigence prévisionnelle est de rigueur et des solutions s’élaborent, mais à coup d’erreurs. Cet exemple est à suivre. Pour développer partout l’accès au savoir, dans des conditions idéales et préparées à l’avance.

Publié chez Odile jacob , le livre se vend à 22.50€

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