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Apprendre le français d’Afrique sur Internet

le 22 septembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 26 février 2015

Indépendants - Ressources gratuites

Depuis quelque temps, les acteurs, mais surtout les auteurs du français d’Afrique semblent vouloir prendre eux-mêmes en main l’analyse de leur baragouin, qui n’est pas du français proprement dit, encore moins l’expression des langues locales. Il s’agit d’une langue compacte et colorée regroupant tous types d’expressions capables d’exprimer ce que ressent le locuteur. Peu importe la manière dont cette expression est discursivement présentée, pourvu que ce soit quelque chose qui ressemble au français et qui sonne français.

La cohabitation des langues

Les pays de l’Afrique francophone ne connaissent pas de pidgin. Même le parler abidjanais où le français se parle avec les mots locaux et dont la structure exclut l’article, ne constitue pas un véritable pidgin. En fait, c’est la coexistence entre le français et les 72 langues du Congo, et les 300 langues du Cameroun qui amène les populations à adopter une langue particulière; une langue qui, au fond, n’est comprise que par l’ensemble de la communauté linguistique nationale ou transnationale. Le français y assume donc une fonction véhiculaire importante à côté d’autres fonctions sociales comme la scolarisation et le prestige.

Mais le français y est aussi une langue officielle par laquelle les membres d’une même communauté linguistique sont obligés de s’exprimer dans des situations formelles et institutionnelles. C’est ainsi que, dans les bureaux, à la poste, à l’hôpital, à la mairie, au commissariat, tous les usagers doivent s’exprimer en français. Mais parce que ceux et celles qui parlent français ne sont pas tous allés à l’école, il se crée des parlures et des jargons classiques qui se comprennent entre locuteurs. Une norme endogène du français existe donc et une floraison d’expressions habille le français que les Français ont du mal à décoder.

Le français du Cameroun, une langue imagée

Et pour cause. Le français d’Afrique est une suite d’images lexicales calquées sur les langues locales; il peut aussi s’agir d’expressions traduites de ces langues ou qui en imite les structures.

Des exemples : pour donner des pots de vin, le Camerounais mouille la barbe ; pour faire l’amour, il écrase le pistache; un pain chargé est, en réalité, une tartine aux garnitures diverses; au marché, on vous vendra un bâton de manioc , un bâton de cigarette , une main de bananes ; au bord de la route, sur le trottoir, enfin en route , il ne faudra pas mettre long si vous n’avez pas votre carte d’identité, car un policier le mange-mille peut vous arnaquer vos do ; radio-trottoir est le kongossa qui colporte la rumeur.

Dans le cadre de cet article, on ne peut faire le tour de la question. Je vous invite donc à consulter camfranglais, un site (qui n'existe plus) qui vous suggère l’apprentissage amusant du camfranglais, un ensemble constitué des langues camerounaise, française et anglaise. Ce n’est qu’un jargon très prisé par les jeunes, étudiants, élèves et enfants des quartiers et des marchés.

Une jeune gabonaise présente le français pimenté du Gabon

On retrouvera des termes encore plus alléchants au Gabon où Moulanga Francette a créé un site simple, discret, attrayant et ouvert qui s’enrichit tous les jours de mots nouveaux.

On a affaire ici plus à un jeu qu’à un véritable cours formel. Le plaisir du site se partage. La cause de ces néologisme croustillants est la même : la cohabitation linguistique et le désir des Africains de parler français en leur propre langue.

Histoire de s’approprier, par nécessité expressive, par philosophie cathartique et par plaisir, la langue de Voltaire et de jouer avec les mots. Consultez sans tarder, soit le site gabophonie, soit encore francetalta, réservé aux voyageurs de passage au Gabon.

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