Technologies

Les agents intelligents ne sont pas ceux que l’on croit

le 19 janvier 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Sociétés

Agents immobiliers, agents comptables, agents secrets, agents de Police... aussi nombreux soient-ils ces agents ne sont pas qualifiés pour autant d’"intelligents". Les magmas de l’Internet ont cette fabuleuse propension à inculquer des expressions savantissimes. De la pure science... fiction ou de la cyber(fré)nétique ? L’utilisateur de ces précieux "agents intelligents" devient-il plus "intelligent" dans sa quête d’information réseautée ? Opération commandoEn qualité d’outils de veille stratégique, ces "entités agissant pour le compte de quelqu’un", dépasse le stade primitif de recherche d’informations, aussi avancée soit-elle. La panoplie d’ustensiles qui caractérise la quête informationnelle est en soi une recherche-action :

  • répertoire de recherche ou annuaire (classiques, thématiques, contributifs...) ;
  • moteurs de recherche (génériques, spécialisés...) ;
  • méta-moteurs (en ligne, hors ligne, dédiés).

Equipé de son artillerie électronique, l’internaute pro-actif , tel un espion "cyber-gardiste", s’arme d’applicatifs aux fonctionnalités évoluées : degré d’autonomie, interactivité, réactivité, capacité d’apprentissage, capacité sociale... Dans un environnement économique concurrentiel, l’information n’est-elle pas devenue le nerf de la guerre ? Le nouvel humanoïdeEncensés par la presse informatique, objets phantasmagoriques de par leurs dénominations, ces logiciels sont destinés à automatiser des tâches récurrentes, à être mobiles sur les réseaux, à interagir avec l’environnement ou avec d’autres agents, à prendre des décisions autonomes voire à faire preuve de facultés d’auto-aprentissage ! Ces robots d’explorations numériques aux allures de mutants intègrent des technologies variées : analyse sémantique multilingue, intelligence artificielle, réseaux de neurones, logique floue, technologies mathématiques et statistiques, "push", vie artificielle... A lire les attributs du glossaire du recherchiste Internet spécifiques aux "agents intelligents" (autonomie, collaboration, apprentissage, réactivité, ciblage, liberté d’action, sensibilité, mobilité), on aurait presque envie de les inviter à dîner ! Comme si cette expression ne suffisait pas, des chercheurs baptisent même leurs "génies" d’" intelliciels". La course aux concepts est lancée... Des sources intelligentesSans agent, avec de la méthode, de la patience, et un peu de bon sens, vous trouverez des informations très intéressantes sur ce sujet passionnant car éthiquement questionnant. Quatre ressources parmi tant d’autres (voir l’article de Manuel Rulier : Agents intelligents, à quoi ça sert ?) Pour une explication claire et détaillée, le document " les agents intelligents sur Internet" (59 pages), co-signé par Stéphane Anglerot, Guillaume Bonnet et Guy Regnault, dresse un panorama de ces outils : caractéristques, typologie, principe technologique, perspectives d’avenir, bibliographie, webographie... Concernant une comprehénsion des enjeux économiques et sociétaux, l’internaute pressé attendra la soutenance et la publication de la thèse de John Wisdom. Le quêteur du net souhaitant développer une veille active sur le sujet consultera avec intérêt l’" Annuaire des Agents Intelligents" et s’abonnera à la liste de dicussion dédiée de Veille.comLe lecteur critique se reportera à l’étude psychologique voire éthique d’Aude Dufresne (Départenement de communication de l’université de Montréal) concernant " les filtres à la communication sur Internet" (17 pages). De l’agent intelligent à l’intelligence humaineComme le souligne l’auteure, le rapport à l’utilisation d’artefacts communicationnels traduit une transformation des rapports aux autres et à nous-mêmes. Pour conclure : "On reconnait l’humain dans l’artificiel." C’est dire qu’à travers la virtualité informationnelle, l’activité humaine possède comme "agent intelligent" un cerveau... humain. Concluons sur les propos de Jean-Guy Meunier du Laboratoire d’analyse cognitive de l’information (LANCI) de l’Université du Québec à Montréal, "on croit à tort que trouver et archiver l’information constituent les opérations les plus importantes qu’un utilisateur puisse faire avec l’information. Pourtant, les sciences cognitives et la linguistique ont amplement démontré que les opérations les plus importantes appartiennent à la sphère de l’interprétation, c’est-à-dire de la transformation cognitive qu’un utilisateur fait de l’information." Alors qui du robot et de l’homme est le plus intelligent ?

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