Technologies

Afrique francophone : le nombre d’utilisateurs des technologies en nette croissance

le 27 mai 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Sociétés

Selon l’association Africanti le nombre d’utilisateurs des technologies d’information et de communication a fortement crû. L’observatoire note cependant que la plupart des régimes africains continuent de considérer les Tic comme des produits de luxe et les taxent très cher.

Comme l’observe Allafrica.com, l’utilisation d’Internet en particulier et des technologies d’information et de communication s’accroît de manière considérable en Afrique. Selon Africanti , qui regroupe des chercheurs du Nord et du Sud et basé à Bordeaux sous la direction d’Annie Cheneau-Loquay, et qui s’intéresse à l’expansion des outils numériques sur le continent il faut remarquer avec Mike Jensen qu’il y a 4 ans, «seule une poignée de pays avaient un accès local à Internet, alors qu’aujourd’hui, ce moyen de communication est disponible dans chaque capitale». On est passé de quelques centaines de milliers à 1,3 million d’abonnés sur tout le continent, d’après le nombre de comptes dial-up (abonnements via une connexion téléphonique) souscrits auprès des fournisseurs d’accès au courrier électronique.

L’Afrique du Sud détient 750 000 abonnés, le Maghreb 280 000, le reste des 300 000 se dispersant au sein des 49 pays restants. «Chaque ordinateur ayant une connexion Internet ou un courriel comptant généralement entre 3 et 5 utilisateurs, voire plus, on peut estimer à 4 millions le nombre d’utilisateurs d’Internet sur le continent», souligne encore Mike Jensen, qui vient de publier un rapport sur la question.

On ne spécifie pas cependant la nature des utilisations des technologies. On sait quels usages l’Afrique réserve à ces nouveaux outils et les ravages sociologiques que peuvent créer ces emplois non contrôlés : outre les demandes en mariage, la recherche d’aides scientifique et financières, les inscriptions en universités étrangères et la recherche d’information scientifique et en dernier lieu, la santé, l’éducation et la formation à distance.

Avec le grand nombre de comptes Internet partagés et l’utilisation intense des services publics, il est difficile, avoue Mike Jensen, de savoir le nombre exact des utilisateurs. Mais sur la base des chiffres disponibles, le ratio donne environ un utilisateur Internet pour 200 personnes, pour une moyenne mondiale d’un utilisateur pour quinze personnes ou encore d’environ un pour deux d’après la moyenne nord-américaine et européenne. Avec une bande passante internationale entrante au dessus d’un Gigaoctet par seconde et un débit sortant estimé à 800 Mbps, Internet est entré dans les moeurs en Afrique.

Toutefois, le continent reste encore fortement «handicapé par les réseaux de distribution d’énergie extrêmement limités et qui ne pénètrent pas de manière significative les zones rurales, sans compter les coupures régulières pendant plusieurs heures même dans les grandes capitales».Comme autre cause de ralentissement de cet essor d’Internet en Afrique, le coût encore très élevé des communications dans la plupart des Etats. Mike Jensen déplore que «seuls 18 pays aient adopté la stratégie consistant à baisser les tarifs des connexions internet». D’une manière générale, il estime que «la plupart des régimes africains continuent de considérer les technologies d’information et de communication comme des produits de luxe et les taxent très cher, ce qui rend très onéreux ce type de produit importé, et donc impossible à obtenir par la majorité de la population».

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