Publié le 04 avril 2016Mis à jour le 04 avril 2016
Le tout gratuit qui coûte cher !
L'exploitation des données personnelles par les entreprises de l'Internet
Si tu paies le prix, t'as rien compris
Le modèle économique du gratuit a connu un tel succès avec Internet que celui qui paierait pour regarder des vidéos, écouter de la musique ou se former en ligne paraîtrait bien niais.
Beaucoup des applications sur lesquelles nous passons des heures, et en particulier les réseaux sociaux ne nous coûtent rien... Google, Facebook ou Twitter sont-ils gérés par des idéalistes philanthropes ?
Il semble que non. Certains acteurs de l'Internet sont portés par des valeurs humanistes comme les animateurs de Framasoft, de Wikipedia ou de Qwant mais d'autres ont fait du gratuit le moyen de se développer sur le marché des données personnelles.
Si c'est gratuit, c'est toi le produit
Nicolas Martignoni, dans son article "Si c'est gratuit, c'est vous le produit" nous donne quelques chiffres. Le chiffre d'affaires publicitaire de Google en 2014 : 45 milliards. Quatre fois moins pour Facebook, pour qui la publicité représente tout de même 92% du chiffre d'affaires.
Ces services, parmi d'autres, vivent de la collecte de données qui permettent un profilage précis des consommateurs que nous sommes, pour optimiser les messages publicitaires. En mettant en relation nos recherches et les pages visitées, les serveurs de ces entreprises savent que vous attendez un enfant avant même que vos proches en soient informés, que vous envisagez un régime ou une activité sportive ou même que vous souffrez d'une maladie.
C'est ce que nous explique avec humour la vidéo éducative proposée par Adesias.
Les cookies sont les premiers responsables. Nous confions des informations sur nous-mêmes volontairement, en postant sur les réseaux ou en notant nos achats. Mais nous sommes aussi espionnés par les cookies qui retiennent nos identifiants, nos parcours sur un site, nos temps de connexion, et toute une série de données, qui mises en relation en disent beaucoup sur nos centres d'intérêts et comportements d'achat.
Qui accepterait un tel fichage de la part de son épicier ou de son boulanger ?
Mais gare à vous si vous cherchez à vous soustraire à cette publicité individualisée. Adblock est une application qui nettoie votre écran de la plupart des publicités. Depuis quelques temps, des sites vous interdisent l'accès à leurs pages si vous avez installé cette application. Pour continuer à surfer, il faut inscrire le site dans les exceptions, sur la "liste blanche".
Lightbeam, pour visualiser qui vous piste
Nicolas Martignoni nous invite à installer Lightbeam sur Firefox, pour nous faire une idée de l'espionnage dont nous faisons l'objet. On s'aperçoit vite que l'on est même pisté par des sites que l'on n'a jamais visités... En effet, le site que vous consultez peut très bien indiquer du contenu d'un autre site, une vidéo de Youtube comme celle ci-dessus, par exemple... Lorsqu'elle se charge sur vos écrans, elle vient accompagnée de cookies.
Des places de marché en temps réel
Orange forum... nous informe que les données collectées sont mises en vente en temps réel. Le site communique la nature des informations qu'il détient sur un visiteur en quelques millisecondes ainsi qu'un prix. La "ad exchange", place de marché publicitaire, envoie la publicité la plus pertinente. On parle de real time bidding, transactions en temps réel.
Et la géolocalisation permet de vous situer par rapport à des points de vente, de connaître vos déplacements et vos habitudes. Le gratuit se paie cher !
Linkedin : valorise vos compétences - gratuit, mais pas désintéressé.
De son côté Linkedin brasse une quantité d'informations sur les parcours scolaires, universitaires et professionnels. Cette société se propose de vous suivre des années étudiantes à la retraite et plus loin encore, par vos engagements associatifs par exemple. Elle élabore des statistiques sur les parcours de ses 350 millions d'inscrits, et peut établir où en sont dix ans, vingt ans ou trente ans plus tard les personnes qui ont fréquenté un lieu de formation. Leur classement des universités vient ainsi bousculer nos représentations. A partir des parcours, LinkedIn peut aussi repérer quels employeurs sont attractifs et quels employeurs, nous quittons plus volontiers.
Grâce aux informations que nous apportons volontairement à cette société, elle peut créer une cartographie précise des entreprises, des métiers, et un profil de chaque inscrit basé sur son itinéraire professionnel et sur ce qu'il partage. De quoi identifier les compétences qui font défaut sur le curriculum vitae d'un abonné lorsqu'il souhaite poser sa candidature dans une entreprise. Et l'achat de Pulse ou de Slideshare puis celui de Lynda.com, spécialiste de la formation en ligne, sont de nouvelles pièces du puzzle. Des opportunités pour proposer les formations qui permettront de développer les compétences qui font défaut sur le curriculum vitae.
De son côté, Amazon Inspire se propose de partager les ressources créées par des enseignants ou d'aider à en créer de nouvelles. Se lancer sur les ressources éducatives libres permettra sans aucun doute d'en proposer des payantes de manière très ciblée, et de recommander des articles et produits culturels en lien avec les traces que nous aurons laissées.
Alors faut-il opter pour le payant ?
Mais payer n'exclut pas le fichage. Donner non plus. Depuis plus de trente ans, donner à une association ou à une oeuvre humanitaire vous amène à être enregistré dans un fichier. Associées à votre nom, des informations très pertinentes s'accumulent : le montant apporté, la fréquence des dons, la date... Et plus les scores sur ces items sont élevés, plus votre nom vaut cher.
S'il semble très difficile de se couper de cet univers, un peu de vigilance n'est pas inutile. Au minimum, nous pouvons ne pas renseigner les champs facultatifs dans les formulaires, donner un numéro de portable factice (0606060606, par exemple), naviguer de manière anonyme et supprimer régulièrement les cookies, via le navigateur ou des applications comme Ccleaner ou Glary utilities.
Le phénomène MOOC était vu comme une révolution pédagogique à venir. Presque 10 ans plus tard, les bouleversements se font attendre et le modèle est remis en question. En fait, de plus en plus de MOOC deviennent payants. Pourquoi ce détournement de l'idée originale qui voulait démocratiser l'éducation supérieure en la rendant en partie gratuite?
Quelles sont les grandes tendances de l'aide à l'éducation dans le monde ? Quels sont les principaux pays donateurs ? Quels sont les secteurs de l'éducation qui reçoivent le plus de financement ? Le rapport 2015 de l’Observatoire de l’aide à l’éducation (de la campagne mondiale pour l’éducation) dresse un état des lieux de l'aide à l'éducation dans le monde
L’attention plus soutenue portée aux budgets des gouvernements incite à chercher de nouvelles solutions dans la fonction publique pour faire mieux avec moins. L’innovation publique, qu’elle traite du management, des politiques publiques ou des territoires, devient dès lors un sujet d'intérêt. Tour d'horizon d'un domaine en pleine effervescence.
L’entreprise a pris pied dans le financement de l’école. Qu’elle puisse s’insinuer dans les contenus éducatifs proposés à leurs enfants cristallise les inquiétudes des parents. Pour autant, ils savent que l’école a besoin, comme tous les autres secteurs d’activité, de financements neufs. Quels sont les enjeux ? Qui est gagnant ? L’indépendance de l’éducation est-elle menacée ?
On le sait, le mouvement étudiant actuel contre le projet de loi du travail en France montre que les préoccupations ne sont pas seulement financières mais engage l’employabilité des jeunes et c’est la qualité des études qui en décide. Le financement de ses propres études est un aspect majeur qui prédomine aux EU et en Angleterre ; en France, l’idée fait son chemin. Voici une thèse récente sur ce sujet.
Superprof : la plateforme pour trouver les meilleurs professeurs particuliers en France (mais aussi en Belgique et en Suisse)