Publié le 20 février 2018Mis à jour le 20 février 2018
Un projet pédagogique remarquable : La 3ème médias
La 3ème médias du collège de Montesson
Le 14 octobre 2018, les participants du hackathon organisé par le cercle "apprendre ensemble" ont vu surgir des collégiens munis de tablettes. Ils ont réalisé quelques reportages avec beaucoup de rapidité. Toujours en mouvement, concentrés et à l'affut, ils ont contribué à mettre en valeur l'événement. Quels sont les éléments qui expliquent le succès d'une classe qui développe des projets basés sur l'utilisation de médias ?
Un projet partagé par l'équipe enseignante
La «troisième médias» permet à des jeunes de 13-14 ans de découvrir les médias numériques par la pratique. La troisième médias du collège ... à Montesson ne repose pas sur des ateliers ou une option. Les enseignants sont volontaires, et ils ne disposent pas de plages horaires spécialement dédiées au projet.
L'utilisation des médias est donc intégrée aux progressions pédagogiques.
"On favorise particulièrement l’interdisciplinarité, ce qui signifie qu’on essaye de trouver des thématiques communes, des méthodes et des langages communs, en faisant en sorte que les apports d’une discipline permettent de compléter l’autre discipline ou d’aller plus loin encore dans l’approfondissement d’un sujet."
indique Lionel Vighier, enseignant en français très investi dans le projet. Chacun précise à quel moment de sa progression pédagogique il envisage d'utiliser le multimédia;
Le projet soude, les équipes d'enseignants. Ils s'encouragent entre eux et encouragent les élèves, parfois même sur les réseaux. Lionel Vighier poursuit :
"Je dirais que l’esprit d’équipe, la complicité entre profs et la complicité entre profs et élèves favorisent ce projet médias et inversement la démarche de projet, qu’il s’agisse d’un projet médias ou d’un autre, favorise une relation de confiance voire de complicité entre profs et élèves. On est dans un accompagnement [...]. Ce que je dis est presque constituant du métier de professeur mais la démarche de projet rend nécessaire l’accompagnement, le guidage, les conseils du professeur et change complètement la posture du professeur dans la classe."
Des compétences transversales, de groupe
Ce projet mobilise beaucoup de compétences transversales. Les élèves se coordonnent entre eux, ils réalisent des reportages dans des espaces où il faut à la fois se faire discrète, mais aussi faire preuve d'assertivité vis-à-vis d'adultes;
Les élèves sont capables de présenter rapidement leur intention, de prendre en main les aspects techniques, la lumière, l'environnement de la prise de vue, et tout cela sur un terrain qu'ils découvrent.
"J’ose espérer que le projet développe des savoir-faire comportementaux, relationnels, organisationnels, communicatifs, créatifs, bref autant de compétences, de gestes et de postures professionnels qui les amèneront à envisager leur travail, leurs études, leurs activités diverses et variées de manière plus participative et autonome." poursuit Lionel Vighier.
Le détour par les nouveaux médias n'enlève pas l'exigence, bien au contraire !
Pas question cependant de laisser les livres de côté, ou de se mettre à taper avec les pouces en abandonnant papiers et crayon. Filmer est une situation d'apprentissage, comme le serait un exposé. Mais plutôt qu'une fiche lecture, pourquoi ne pas filmer la présentation d'un livre ? Plutôt qu'une discussion dans la classe sur Antigone, pourquoi ne pas passer par twitter, pour ouvrir l'échange sur l'extérieur, et s'obliger à une écriture précise et concise.
"Les élèves ne sont pas systématiquement rivés un écran : celui-ci intervient lorsqu’ils en ont besoin et ils savent d’eux-mêmes mettre de côté l’outil pour se concentrer éventuellement sur une tâche précise, sur un contenu, sur un échange au sein duquel l’outil serait un frein plus qu’une aide".
La scénarisation, le séquençage font partie de l'activité pédagogique et ne font pas nécessairement intervenir des outils numériques. En revanche, ils vont prendre leur place certaines étapes de la démarche du projet. L'entraide et les professeurs permettent de dépasser les difficultés techniques, et d'éviter de se focaliser et de perdre du temps sur ces aspects.
Avons-nous encore quelque chose à enseigner aux adolescents en matière de médias ?
Ce qui caractérise la génération des collégiens, c'est sans doute qu'ils osent. Ils ont été habitués aux équipements qui se prennent en main sans mode d'emploi. Ils n'hésitent pas à tâtonner... L'équipe des enseignants, en revanche, peut apporter une compréhension de l'environnement de ces technologies, et la démarche de projet pour produire quelque chose qui ait du sens.
"“Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”. Cette assertion de Montaigne est particulièrement valable aujourd’hui. Il nous revient non seulement de développer leur approche technique de ces objets mais également de les amener à prendre du recul, de se former une conscience dans l’utilisation des médias, des objets connectés, d’apprendre à gérer leur existence dans cet univers connecté." conclut Lionel Vighier.
L'équipe pédagogique a également travaillé avec les élèves sur le thème des fake news. Produire des supports numériques est sans doute le meilleur moyen de se prémunir de leur pouvoir de séduction et de conviction.
Une implication de l'équipe pédagogique, une intégration du travail sur les médias dans la progression pédagogique, une exigence sur les objectifs de formation et une attention particulières aux compétences transversales sont quelques-unes des clés d'un projet de création et d'appropriation de médias par les élèves.
Une trousse d’initiation et des méthodes de travail sont proposées aux écoles qui veulent participer et les productions sont ensuite diffusées sur le site.
Les enfants sont invités à concevoir des courtes émissions autour des arts, de la musique des sciences, du sport, de l’actualité ou de la littérature, ce qui inclut le slam évidemment, et qui peuvent prendre la forme de débats, d’entrevues, d’humour, d’opinions ou de récit vécu.
Que vous cherchiez quelqu'un, désiriez communiquer avec des proches, vous informer sur des événements, organiser une sortie entre amis, Facebook est devenu incontournable. L’enseignant n'ignore pas qu'en dehors de ses cours, les élèves y sont présents et aussi sur d'autre réseaux. Ne serait-ce pas le meilleur endroit pour les rejoindre hors cours en leur indiquant les tâches, devois et autres éléments nécessaires à ses cours?
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