Le digital dans mon jardin : rêve ou cauchemar?
L’invitation de Voltaire dans Candide « Il faut cultiver notre propre jardin » est aujourd’hui renouvelée par Pierre Rabhi dans un souci éthique et écologique.
Publié le 14 mai 2018 Mis à jour le 14 mai 2018
Les Savanturiers se proposent d'aborder la nature par le biais des sciences. L’approche est ambitieuse. Il ne s’agit pas de leur expliquer ce que des scientifiques ont découvert avant eux, au contraire, les élèves sont mis dans une situation de chercheurs. À partir de leurs observations, ils vont formuler des questions et tenter d’y répondre en adoptant une démarche scientifique avec leurs professeurs et un parrain, chercheur, médecin ou étudiant.
Présentation d’une approche pédagogique très riche.
La méthode proposée est inspirée de Claude Bernard (fondateur de la médecine expérimentale). Les jeunes observent, formulent une question, font des hypothèses et tentent d’imaginer les expériences qui permettront de les valider. Ils les mettent ensuite en œuvre, tirent des conclusions et communiquent leurs résultats. Mais ils ne travaillent pas seuls. Un scientifique suit leurs avancées et d’autres classes progressent sur le même thème, éventuellement sur la même question, voire la même hypothèse.
Si une expérience apporte un résultat, on invite d’autres classes à la reproduire ou à adopter un autre protocole expérimental.

Le choix de thèmes biologiques est séduisant parce qu’étudier le vivant en partant de son environnement est sans doute une manière attractive d’aborder la science. C’est aussi l’occasion de sortir à l'extérieur, même si rapidement les élèves apprentis chercheurs découvrent qu’étudier un organisme dans son milieu naturel a ses limites.
Mais surtout, le blog des savanturiers du vivant nous dit que les biotechnologies sont à la croisée de plusieurs sciences. Elles permettent d’utiliser des méthodes statistiques et mathématiques, des outils d’observation et d’aborder des questions éthiques et prospectives. À cet égard, le blog des savanturiers montre de nombreuses recherches qui portent sur les abeilles. Certaines mobilisent des compétences en programmation (scratch, arduino) pour observer les insectes ou modéliser leur comportement.
Savanturiers n’est pas juste un mot chapeau pour exprimer une démarche menée dans des classes isolées. Il y a un ou plusieurs enseignants, une classe et un parrain ou une marraine, mais au-delà, il y a tout un dispositif dont peuvent bénéficier les professeurs :
Les savanturiers réfutent l’idée selon laquelle le scientifique serait une personne isolée, plutôt géniale et persévérante dans ses convictions. Les Savanturiers communiquent à tous les niveaux. Ils formulent le cadre de leur recherche, leurs hypothèses, leurs expériences... avec le souhait que d’autres écoles, collèges ou lycées les rejoignent.
Une théorie scientifique, par nature, est falsifiable, selon les termes de Popper. On ne peut pas démontrer qu’elle est vraie mais on peut chercher à démontrer qu’elle n’est pas juste. Et chaque tentative échouée pour trouver la faille viendra conforter la théorie sans pour autant la démontrer. Les scientifiques, et donc les savanturiers, ont besoin d’être en dialogue régulier avec leurs pairs.
Joëlle Lefort, professeure des écoles a proposé un schéma qui montre les compétences de communication développées par la participation à une expérience scientifique. Seul dans une activité de recherche, dans son groupe de travail ou face à la classe pour présenter des résultats, il va mobiliser des capacités liées au lexique, à l’expression, à la posture, à l’argumentation... Ce sont autant de perspectives de transversalité et de travail en équipe des enseignants qui s’ouvrent à travers cette approche.

Ressources
Le blog des savanturiers du vivant : https://savanturiersduvivant.wordpress.com/
Une présentation du dispositif global en pdf :
https://les-savanturiers.cri-paris.org/wp-content/uploads/2017/06/vivant_aap1718vfweb.pdf