Quatrième enquête annuelle : 270 000 étudiants, 21 000 enseignants et 15 000 parents sondés***
Le message demeure fondamentalement le même : dans les écoles, la technologie est disponible mais on ne l’utilise pas suffisamment
Publié le 08 septembre 2019 Mis à jour le 08 septembre 2019
Le métier de gestion des connaissances consiste, généralement,
Jusqu’à présent, très peu de travaux en sciences de gestion ont été publiés sur ce métier. La littérature existante demeure focalisée sur ce que ces gestionnaires sont censés faire (le knowledge management) et non sur ce qu’ils font réellement (le knowledge manager).
Les actions des gestionnaires de connaissances, en charge d’appliquer les concepts ou de développer eux-mêmes ces concepts, sont ainsi totalement oubliés. Or, en l’absence d’une compréhension réelle du travail du gestionnaire des connaissances, les questions de légitimité et de pérennité de ces fonctions se posent en permanence[2] et à terme celle du knowledge management en entreprise le sera également. Pour lever toute ambiguïté, nous allons donc brièvement remonter aux origines de ce métier.
La gestion des connaissances a émergé dans les années 1980 à la suite de plusieurs constats :
Par ailleurs, la nature des informations qui circulent au sein d’une organisation est variée. Il est possible de distinguer trois niveaux d'information :
Cette quantité d'informations disponibles pour les membres d'une organisation est trop importante pour qu'ils puissent rapidement trouver les informations pertinentes et utiles. Le métier de gestionnaire des connaissances est donc né de ce besoin de capitaliser[3] et exploiter l’ensemble des connaissances d’une organisation.
Le but de tout gestionnaire des connaissances est de contribuer à la diffusion et l'organisation de l'information au sein d'une institution ou organisation. Ses objectifs sont :
Analysons maintenant les pratiques des gestionnaires des connaissances (GC) en nous appuyant sur notre pratique et expérience professionnelle dans ce secteur. Et nous allons le faire selon trois phases clés : avant, pendant et après la définition d’une stratégie de gestion des connaissances.
Pour réussir une démarche de gestion des connaissances en entreprise, il faudra :
Certains défis existent à ce niveau. Bien que les responsables d’une organisation aient donné leur accord pour la mise en place d’une démarche de gestion des connaissances, il arrive parfois qu’elle éprouve des réticences à laisser le gestionnaire des connaissances monopoliser l’attention d’une unité lorsque celle-ci est soumise à des contraintes financières fortes (un service commercial par exemple). En outre, lors du recueil des données, certains employés peuvent décider consciemment de retenir des informations dans la mesure où partager ses connaissances signifie également en perdre l’exclusivité. Il faut donc insister sur les points positifs d’une telle démarche et surtout leur convaincre de ce que la connaissance ne donne du pouvoir que lorsqu’elle est partagée.
Après la définition puis la mise en œuvre de la stratégie de gestion des connaissances dans l’entreprise, le GC doit continuellement veiller, peaufiner ou l’ajuster face aux changements. Pour innover, on a besoin d’apprendre et de transmettre, ce qui ne peut se faire sans une certaine flexibilité. Le gestionnaire des connaissances s’intéresse donc à tester toujours de nouvelles approches, à favoriser la créativité, à innover sans cesse et à développer une capacité d’anticipation sur les événements pour ne pas les subir tout le temps.
La gestion des connaissances est un métier protéiforme dans lequel on retrouve pêle-mêle les outils collaboratifs, l’intelligence économique, l’entreprise apprenante, les réseaux sociaux, etc. Ces différentes facettes se concentrent autour d’une même préoccupation : celle d’une organisation scientifique et rationnelle du savoir détenu par l’entreprise.
Exercer cette profession nécessite donc la mobilisation de compétences à la fois techniques (savoir sélectionner des outils de codification) et sociales (savoir animer un réseau) mais également relationnelles voire rhétoriques (savoir convaincre de la valeur ajoutée du management des savoirs).
[1] Les connaissances sont un ensemble précis et circonscrit d’informations, capable d’apporter un changement ou d’inspirer des actions plus efficaces dans un contexte élargi pouvant alimenter un nouvel apprentissage et de nouvelles connaissances. Elles proviennent des expériences et leçons tirées de la mise en œuvre d’activités.
[2] Michael J. Earl and Ian A. Scott, « What Is a Chief Knowledge Officer? », MIT Sloan Management Review (blog), consulté le 31 mai 2019, https://sloanreview.mit.edu/article/what-is-a-chief-knowledge-officer/
[3] La capitalisation des connaissances est un processus dont l’objet est de constituer un capital à partir des informations ou connaissances disponibles dans une organisation afin de les valoriser par leur mise à disposition auprès d’autres institutions ou acteurs. Elle est conçue pour que l’expérience de chacun ne reste pas confinée au niveau individuel, mais serve le collectif dans un mouvement de partage des connaissances, ce qui lui confère un aspect participatif dans son déroulement.
[4] Ngnaoussi Elongue C. Christian, « Développer un système de gestion des connaissances en entreprise », Thot Cursus, consulté le 31 mai 2019, https://cursus.edu/12181/developper-un-systeme-de-gestion-des-connaissances-en-entreprise
[5] NORDEY, Patrice. Knowledge management : Stratégie, méthodologie et technologie. BNP Paribas, 2002
[6] Selon les organisations, ces thèmes peuvent varier. Le plus souvent, on veut capitaliser les connaissances sur des thèmes comme : l’information et la communication, la formation, la contractualisation de partenaires, le financement, la planification et le suivi-évaluation ou le transfert de technologies.