Choisir une plate-forme de formation open source
Stratice lance une étude en souscription* qui permettra aux acteurs de la formation de comparer 9 plates-formes open source diffusées dans l'espace francophone.
Publié le 17 février 2004 Mis à jour le 17 février 2004
Un campus virtuel effectue des tâches bien réelles pour des gens en chair et en os. Au delà des bits et des protocoles, une plate-forme de e-formation traite des individus aussi différents qu’il est possible d’imaginer.
Elle les entraîne dans un processus de transformation ; ainsi un individu sera-t-il d’abord intéressé par une offre de cours; ensuite de personne intéressée il deviendra un apprenti-étudiant, puis il sera étudiant, ensuite diplômé, professionnel et éventuellement chercheur ou contributeur.
À chaque étape, la plate-forme intégrée au campus virtuel gérera son cheminement : l’individu entre dans un campus virtuel, le traverse et en ressort transformé...
Dans un campus virtuel, on distingue cinq couches très différentes par leurs fonctions. Comme il s’agit de couches concentriques, une même couche gère aussi bien l’accueil que la sortie de l’individu. (Voir modèle sur Prezi).
Résumé, le processus se décrit ainsi :
Les couches d’un système éducatif se divisent en deux groupes, celles ou une personne s’active à l’intérieur de l’institution (couches internes), et celles où les personnes gravitent autour mais ne se sont pas encore ou ne sont plus engagées (couches externes).
Couches externes
1- Couche créative
Pour contacter un individu, encore faut-il avoir quelque chose à lui offrir : on aura créé des cours ; on aura anticipé une demande. La prospective et la recherche auront contribué, tout comme les études de marché. Des créateurs et des concepteurs de cours se sont mis à l’ouvrage.
La plate-forme permet d’accueillir les créations de cours et même d’offrir les outils pour les créer.
Il peut aussi s’agir de trouver des cours existants, de prendre les ententes, de négocier les droits des cours, de les intégrer en une offre cohérente.
Il s’agit ici de la couche externe d’un campus virtuel, celle qui précède les actions publiques.
Maintenant que l’on a un cours, on peut contacter l’individu
2- Couche professionnelle
Ici c’est le milieu de pratique qui s’affiche. Il s’agit d’intéresser un individu et de répondre à ses questions : que fera t’il avec ce qu’on lui propose d’apprendre ? Comment cela peut-il être intéressant pour lui, quels sont les débouchés professionnels ?
Où recruter les candidats ? Où faire la promotion ? Le marketing, le service d’orientation et les relations publiques entrent en jeu. On développe les relations avec les milieux professionnels; on trouvera les offres de stages, on préparera les ponts pour le placement, on définira les outils et équipements spécialisés nécessaires et où les trouver, etc.
La couche professionnelle est celle qui place l’offre de cours dans un contexte qui aura du sens pour l’individu. C’est celle qui donnera la valeur de la formation. C’est également celle qui convainc, qui oriente.
La plate-forme est en mesure de répondre aux questions des individus et de présenter l’offre de cours, des échantillons de ceux-ci et leur fonctionnement.
Voir « Répondre aux questions des individus qui veulent suivre des cours en ligne»
Nous avons maintenant une personne intéressée à suive un cours
Couches internes
3- Couche administrative
Les activités dans la couche administrative consistent, à l’entrée,
Pratiquement, il s’agit de
Le plus souvent cette étape est inutilement compliquée; on parle de mois et de dossiers élaborés, alors que certaines institutions la font en quelques heures. Il s’agit souvent une épreuve de sélection en soi, aux antipodes du concept de formation «ouverte».
Le marketing voit très souvent ses efforts anéantis dans cette couche, bien des gens ne pouvant franchir «l’administration». Dans les campus virtuels, l’intégration de l’administration est sans doute la plus difficile à réaliser. Elle implique un choix politique clair au niveau de l’institution.
Voir «L’implantation d’environnements d’étude pour la formation à distance»
4- Couche normalisante
Les activités dans la couche normalisante consistent, à l’entrée, en ce qui concerne l’accès aux cours, à :
En d’autres termes, à «normaliser» ses caractéristiques pour les rendre dans les paramètres de fonctionnement du système, c’est à dire :
Ces activités sont surtout réalisées par des techniciens, des tuteurs et des facilitateurs plus ou moins définis et variés.
Si cette fonction est bien assurée, la plupart des personnes inscrites pourront effectivement commencer et réussir le cours et se transformeront en autant de clients satisfaits, prèts à renouveler l’expérience. Ceux-ci demanderont peu d’encadrement et ne seront pas une charge budgétaire importante.
On a vu très souvent le personnel éducatif se laver les mains devant l’incapacité des gens à satisfaire à leurs préalables ET NE RIEN FAIRE POUR LES Y AIDER. Ce qui se traduit par des remboursements et des insatisfactions.
5- Couche éducative
Cette couche est la plus évidente et souvent la principale qui ait été considérée au moment du choix d’une plate-forme.
Elle concerne la gestion :
Voir Sommaire des activités d’apprentissage rencontrées dans les campus virtuels
Ici l’apprenti-étudiant aura réglé ses problèmes techniques, ses problèmes de discipline et de méthodologie et ses préalables avant de prétendre au plein statut d’étudiant.
Dans la couche éducative le support offert par l’institution ne devrait plus concerner que la didactique et le contenu du cours.
4- Couche normalisante
À la sortie, les activités dans la couche normalisante consistent à :
En d’autres termes, d’évaluer les compétences du candidat pour s’assurer qu’il les maîtrise ou pour lui indiquer les éléments à améliorer pour atteindre les standards de certification. L’évaluation est normalement faite par un service indépendant du cours. Le juge n’est pas partie à l’affaire. Ce qui revient à :
Pour la partie évaluation la majorité des systèmes éducatifs sont très attentifs; par contre pour ce qui est de la partie «plan de correction», il y a des grands progrès à faire.
On peut faire payer pour la réalisation et l’exécution d’un plan de correction, une reprise de cours ou partie de cours. Si un produit de notre système (un étudiant qui a complété son cours) à des défauts mineurs,
il est totalement improductif de le rejeter plutôt que de chercher à corriger ce qui a été manqué
.
On peut ici détecter les principales failles des cours, augmenter leur qualité et sauvegarder à la fois la réputation des cours et de l’institution et l’estime de soi de l’individu, ce qui n’est pas négligeable.
3- Couche administrative
À la sortie de la couche administrative, il s’agit de certifier officiellement les apprentissages, en d’autres termes de diplômer.
Certifier pour augmenter la valeur de la formation par une reconnaissance publique. Ce peut même être des badges (Voir Badges, commencer sans risques)
Il est ici question de responsabilité de l’institution. Il ne s’agit pas de certifier la rigueur d’un processus de sélection mais bien la qualité des apprentissages. On est dans le marketing, plus précisément le «branding», la reconnaissance de marque..
Il s’agit de :
Couches externes
2- Couche professionnelle
Le diplômé frais émoulu se lie aux milieux de pratique.
Directement au travail ou par des stages, il appréciera pouvoir référer ses employeurs au répertoire des diplômés, de pouvoir accéder au portail professionnel de l’institution et éventuellement à son portfolio numérique ou aux références de ses cours.
En bref le campus virtuel devrait offrir :
Ainsi le professionnel reste en contact avec son institution, qui peut lui proposer des formations de perfectionnement et des services. Le professionnel aura accès aux outils et aux références dans sa pratique professionnelle, statut qu’il développe avec sa pratique.
Et, débordant de reconnaissance pour la situation enviable qu’il occupe maintenant, le professionnel peut même la démontrer en contribuant financièrement à la fondation ou aux projets de l’institution, pour peu qu’on lui en offre l’occasion ou qu’on lui demande.
1- Couche créative
Le professionnel peut devenir un contributeur et un chercheur. Riche de sa pratique, il peut mettre ses multiples talents dans le développement des connaissances et ainsi alimenter la profession et garder la formation à jour.
Le campus offrira alors :
Le professionnel passe ainsi au statut de chercheur-concepteur, contributeur au contenu et au développement de la communauté.
La plate-forme et le campus
En résumé, l’intégration d’une plate-forme de e-formation à un campus virtuel peut devenir assez complexe. Malgré le grand nombre de plates-formes, nous n’en connaissons pas qui accomplissent toutes les fonctions décrites, quoique certaines s’en approchent de plus en plus.
À petite échelle, plusieurs des fonctions seront effectuées manuellement. L’idée est de prévoir leur place dans le processus et la plate-forme.
Comme la plupart des institutions commencent à une échelle réduite, la transition peut se faire graduellement et les fonctions du campus s’enrichir de mois en mois.