Quand le confinement nous pousse à la créativité
Un aperçu du génie humain qui bien que confiné s'échappe et trouve des solutions créatives
Publié le 24 mai 2020 Mis à jour le 24 mai 2020
Le citadin moderne n'a pas à chasser sa nourriture, n'a pas à se soucier des intempéries, a toujours accès à de la chaleur et même à de l'électricité. Cela n’a donc rien à voir avec ses ancêtres qui devaient apprendre à survivre dans un environnement hostile. Or, cette déconnexion et ce confort le rendent vulnérable en cas d’effondrement de son milieu de vie. En effet, que ferait-il si du jour au lendemain il devait quitter sa cité et se retrouver en terre sauvage pour subsister? Nous ne sommes pas du tout à l’abri d’un événement malheureux majeur de plus ou moins longue durée. Le Covid-19 en a été un bon rappel mais avant même la pandémie, beaucoup de gens s’intéressaient à acquérir des connaissances de survie.
En effet, les survivalistes (ou « preppers ») commencent à sortir de l’ombre et à intéresser le grand public. Avec les changements climatiques et l’instabilité politique et sanitaire, certains se disent qu'il suffirait d’un bon cygne noir, un événement que personne n'a vu venir, pour que tout s’effondre. Le mouvement est né aux États-Unis mais depuis il a fait des petits en Europe et dans le reste du monde. Uniquement au Québec, il existe à l’heure actuelle au moins 4 camps où les personnes peuvent expérimenter et apprendre les compétences de survie. La liste est plutôt longue aux États-Unis et même la France en compte quelques-uns.
D’accord, mais quel est l’intérêt de ces camps? En plus de reconnecter le citadin avec la nature, ils placent ceux-ci dans des situations contrôlées où ils devront tout de même maîtriser différentes expertises. Déjà, les connaissances de base comme l’orientation et la capacité de se faire un feu seront vite enseignées aux participants. Il sera aussi nécessaire d’apprendre à dénicher des points d’eau potable afin de s'abreuver. La pluie, qui peut rendre une excursion désagréable, peut fournir l'occasion d’amasser de l’eau pour sa gourde, entre autres.
Durant ces expériences, les participants s'instruiront sur les plantes qu’ils croisent. Certains s’avèrent de bons chasse-moustiques, d’autres des allume-feux fort intéressants. La sève des arbres a aussi de multiples propriétés pour les blessures, contre la faim ou même comme colle lorsqu’elle est mélangée à des cendres. Les gens y apprendront évidemment à se nourrir avec les moyens du bord que ce soit en piégeant des animaux, en essayant de pêcher à la main ou avec un harpon de fortune ou en dévorant des insectes comme ont dû le faire ces gens dans un camp non loin de Lyon. Si l’idée n’enchantait personne au départ, la faim aura tôt fait de les mener à manger des sauterelles grillées.
Évidemment, ce type d’exercice encadré s’adresse surtout aux adultes curieux qui ont envie de vivre une expérience spéciale qui ne dure pas plus que quelques jours. Toutefois, les survivalistes considèrent aussi que les enfants doivent apprendre à être débrouillards dans la nature, sans les machines. En outre, ce site de preppers québécois rappelle qu’il est tout aussi important de leur transmettre les savoirs pour trouver et stocker de l’eau, de la nourriture, se faire un abri, utiliser les cartes et les boussoles et même des actes vus comme plus dangereux tels la construction d’un feu, l’usage d'un couteau de façon sécuritaire et même l’autodéfense.
D’ailleurs, certains camps comme celui-ci permettent aux parents d’emmener leurs enfants afin qu’ils acquièrent toutes ces connaissances et soient témoins des gestes à faire pour survivre en milieu naturel. Une manière pour eux d'assister à la solidarité qui se tisse dans un groupe quand la survie en dépend et d'apprendre à faire du camping sans devoir compter sur des objets polluants ou compliqués.
Illustration : freeslfhelp de Pixabay
Références :